Après la marche silencieuse mais réprimée lourdement le 31 décembre 2017, les laïcs catholiques convoquent une nouvelle marche le 21 janvier 2018. A la même date, hélas, la partie de l’opposition acquise à Bruno Tshibala, le premier ministre, a annoncé aussi une manifestation en soutien à certaines institutions de la république. Mais déjà, les effets sont déjà redoutés.

Pour l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH), cette fois les télécoms et la police ne devraient pas se rendre coupables des répressions contre les civils. La communication, l’internet ne devraient pas être interrompus et personne cette fois ne devrait tomber sous les balles ni finir dans les cachots de la police.

Centre-ville L'shi

Ci-bas, le communiqué de l’IRDH

Le Comité Laïc de Coordination (CLC) appelle à une nouvelle marche pacifique, pour le dimanche 21 janvier 2018. Il réitère sa demande citoyenne du respect strict de l’Accord de la Saint Sylvestre de décembre 2016, des droits de l’Homme et de la dignité humaine des congolais. Par ailleurs, il dénonce la violence de la répression, dans le sang, intervenue lors de la marche pacifique du 31 décembre 2017, après que les sociétés de télécommunication aient coupé l’Internet.
Dans le but de prévenir une énième série de violation des droits humains, l’IRDH en appelle à la responsabilité, notamment de Vodacom, Airtel, Orange, Africell,  Tigo ainsi que de la Police Nationale Congolaise (PNC) à ne pas participer à la répression des manifestants pacifiques.
En effet, des dirigeants honnis, faisant l’objet de contestation, à cause du dépassement des mandats constitutionnels, exigent de leurs victimes d’obtenir au préalable, auprès des mêmes personnes mises en cause, une autorisation de manifester contre elles.

Devant cette situation absurde que les victimes n’acceptent pas, il résulte un scenario récurrent connu de tous. D’une part, le déploiement d’hommes en uniformes de la police et de l’armée, difficilement identifiables, avec des armes à feu, dans le but de tirer pour tuer. Et, d’autre part,  des sociétés de télécommunication qui coupent l’Internet, empêchant ainsi les organisateurs de :

(1) coordonner la manifestation, (2) solliciter le secours nécessaire auprès des autorités compétentes et de la police régulière, (3) informer et communiquer immédiatement avec la presse, (4) transmettre instantanément des photos et vidéos sur la qualité de l’organisation et des groupes perturbateurs, et (5) partager des éléments constitutifs des preuves éventuelles contre des individus agissant en marge de la loi.
Il incombe aux gouvernants congolais de répondre à la demande légitime de quitter pacifiquement le pouvoir, car leurs mandats constitutionnels sont largement dépassés, depuis 2016. A force de refuser de se soumettre à l’autorité de la loi, ils se mettent en rébellion contre l’Etat de droit, par conséquent, la population, en générale, et les manifestants, en particulier, n’ont plus de choix que de procéder par des protestations de masse.  
Les sociétés multinationales de télécommunication, en l’occurrence Vodacom, Airtel, Orange, Africell et  Tigo, ont l’obligation de veiller à ce que l’Internet ne soit ni interrompu ni perturbé. Quant a la PNC, elle a le devoir d’encadrer la marche pacifique prévue au 21 janvier prochain. Ensemble, ils sont exemptés des missions visant à violer les droits de l’Homme et la dignité humaine réclamés par le CLC. De ce fait, chacun doit prendre les dispositions préventives, afin qu’il ne soit accusé de participer, en connaissance de causes, à la répression des manifestants.

©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com et Institut de recherche en droits humains