« On a encore senti l’autorité de l’Etat et dans la terreur », nous a convié un habitant de Lubumbashi. Le 21 janvier 2018, les manifestants contre le pouvoir de Joseph Kabila ont encore subi l’autorité de l’Etat, tant à Kinshasa qu’en provinces. Quelques morts selon la Monusco, plusieurs blessés et l’accès à internet coupé, la loi du plus fort l’a encore emporté. Et la nouvelle bête noire, l’Eglise catholique, a encore perdu ses fidèles et serviteurs attachés au bien de la patrie.

Ils ont encore coupé internet ?

Drapeaux des partis politiques lors d’un meeting politique du gouverneur du Haut-Katanga (RDC), Pande Kapopo, au centre-ville de Lubumbashi. *Photo: Fidèle Bwirhonde

Oui, ils l’ont fait carrément. Les maisons de télécommunications, complices de la violation des droits de l’homme au pays, ont encore aidé les autorités à nuire à notre liberté d’expression, et sans motif légal. Ces télécoms, Vodacom, Airtel, Orange et Africell, devraient avoir honte de contribuer à asservir le peuple.

Nous les avions pourtant interpelés, une semaine plus tôt, qu’ils pouvaient interdire la marche sans paralyser le pays. Mais ils ont encore choisi leurs intérêts. Et parait-il que « lorsque ces entreprises collaborent à restreindre la communication, l’Etat paye. Donc, les télécoms ne peuvent abandonner leur croissance pour nous pauvre peuple. » Elles n’ont donc rien à perdre.

Mais finalement, ne pas avoir accès à internet à paralyser quasiment tous les secteurs, mais seules les armes de la police ont tué. Manquer de connexion n'a tué personne.

Et si on boycottait les télécoms congolaises ?

Qu’on revienne à elles, même quand elles nous pénalisent pendant des jours, les télécoms congolaises prennent du poids sur le peuple et se mettent au service du pouvoir qu’elles semblent même aussi dominer.

Je crois que les télécoms congolaises devraient être boycottées, rien que pour un jour. Si elles ont réussi à nous couper internet, nous pouvons aussi rejeter leurs services. Cela leur pèsera dessus. Mais c’est difficile, je l’admets. Pourtant on devrait essayer.

Nous ne sommes pas capables de décider comme un peuple contre ces entreprises encore utiles pour le pouvoir. Déjà, une partie du peuple soutient les actions illégales du pouvoir. Elle soutiendra aussi ces entreprises.

La sourde oreille dans le bruit

J’espérais qu’ils avaient compris. Mais non. Les dirigeants congolais n’ont pas encore compris que le train est déjà en marche, et pas besoin de vouloir l’arrêter. Ils trouvent des justifications pour  bafouer la loi notamment sur les libertés et droits fondamentaux des citoyens, mais imposent que le peuple respecte l’Etat. Sauf que nous sommes dans un « non-Etat », lâchait le pasteur protestant  Ekofo, le 16 janvier à Kinshasa, alors que les autorités fuyaient l’Eglise catholique pour célébrer de l’autre coté la mémoire de Kabila père.

Le bras de fer serait-il le seul langage que saisissent ces dirigeants ? Leur sourde oreille aux cris du peuple malgré leur chapelet de bonnes intentions, en dit long. Ils n’ont plus le temps de penser à d’autres stratégies, tellement la répression leur va mieux, qu’importent les morts qu’elle engendre.

©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com