Ils sont des milliers, très nombreux dans nos rues qu’aucune institution n’en possède les chiffres réels actuels, sinon des aproximations. J’en ai des larmes quand j’en vois des dizaines errant comme s'ils étaient tombés des arbres. Des arbres !, trop exagéré sûrement pour désigner ces mamans et papas qui ont renoncé à être réellement parents dans un pays qui a ratifié la convention des droits de l’enfant.

Elève Lushi

Survivre ou mourir !

Que de risques et dangers pour survivre dans la rue, et pas que pour soi. Seuls les plus courageux sinon habiles y parviennent. On sait comment on y entre, rarement comment on s’en sortira. Ces enfants aussi de l’Etat congolais, sont toujours appelés à croire en un avenir qui ne viendra pas. Ils inondent les rues de Lubumbashi, qu’importe comment y survivre.

Au coin des rues, ils sont reconnaissables avec une mine tantôt de voleur ou de harceleur, tantôt de mendiant ou de simple pensif. Mais on s’en méfie, pourtant c’est cette même communauté qui les a fabriqués.

Pour rallier deux points sur des kilomètres, ces enfants grimpent sur des camions au risque d’y laisser la peau, ce dans un silence ennuyeux des autorités. Ils se faufilent entre rangées de véhicules pour mendier aux fenêtres ou s’amuser entre véhicules, autant qu’ils ne s’empêchent d’arracher ce qu’ils peuvent à qui est distrait. Malheureusement, certains finissent entre les roues des chauffeurs imprudents, et pour les autres la vie continue. Et quand ils n’inspirent pas pitié, ces enfants subissent la chassent des moins sensibles, hélas !

Chères églises, merci!

Nos rues peuvent remercier nos églises pour les enfants qu’elles y envoient.  C’est à mi-voix si je peux parler des prophètes charlatans, de peur d’être déclaré maudit sinon possédé par un mauvais esprit. Entre Églises et « eglisettes », la marge s’est estompée. Prophétiser sur des familles pauvres, avoir des révélations sur des couples qui chancellent, n’interpréter que des cauchemars qui seraient dus à la présence d’un enfant particulier,… c’est tout comme champs pour ces serviteurs opportunistes du « dieu séparatiste ». Malheureusement les victimes sont souvent inconscientes de leur propre existence qu’ils ne se découvrent que dans la rue.

L’infertilité aux pauvres

Finalement que les nécessiteux devraient être déliés du devoir divin de remplir la terre. Pourtant ils se montrent les plus féconds que les bourgeois. Et voilà leur façon à eux de mettre au monde pour la rue, sans y penser.

Certains enfants sont aussi d’eux-mêmes aller dans la rue, seul moyen de d’échapper à la misère de leurs familles prolétaires et tenter de survivre de leurs propres forces contre la nature. Ces sont, entre autres, ses enfants qui pensent ou sont convaincus d’avoir leur place dans la police et l’armée sinon dans la rébellion, malheureusement. Mais ils n’ont appris que ça, on ne récolte que ce qu’on a semé ! tLa pauvreté, c’est aussi elle qui fait voyager des dizaines de congolais vers Lubumbashi cédant aux discours affabulateurs faisant penser qu’ici se vit le paradis. 

L’Etat a démissionné, chacun de ces enfants attribués à la rue invente ou adhère à une méthode de survie, qu’importe s’il faut tuer ou être tué, blesser ou l’être. L’insécurité devient alors monnaie courante sous les yeux de l’autorité qui n’a pas mieux que le discours et des appels à l’aide étrangère pour ses propres enfants. Honteux, mais au secours ! 

©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com