À Lubumbashi, le centre-ville et ses périphéries sentent les urines à plusieurs endroits. Uriner en public se banalise et la situation se normalise. On ne se gêne plus d’uriner devant les gens, qu’importe l’heure ou l’endroit. Pour certains, la défécation en plein air n’est pas non plus un problème. C’est devenu une culture, une tradition populaire. A presque chaque coin de rue, l’on sent les urines mais plus personne n’en est surpris, c’est la mode.

Un homme urine derrière un arbre dans la rue à Lubumbashi. Ph: FideleBlog - 2017

Une responsabilité partagée

Presque tout le monde est concerné. À Lubumbashi, l'autorité assiste impuissamment à l'enracinement de cette culture mais ne sait ou ne veut rien faire. Il devient totalement ordinaire que le chef de rue ou de quartier lui-même s'arrête pour se soulager au coin de la rue, derrière un arbre. Pareil pour ce chauffeur qui, bonnement, arrête son moteur et descend pisser dans la rue ou sur le mur d'à côté.

Dans les parkings, difficile d'avaler son pain à certains endroit tellement l'odeur est forte et insupportable. Sur les pneus de leurs véhicules urinent les chauffeurs et convoyeurs, malgré la présence des policiers aussi complices de la situation dont ils sont aussi acteurs. Et comme l'autorité, les policiers non plus n'assument rien, la faute étant aux autres. La tradition étant ainsi devenue populaire, l'affaire n'est plus que pour les hommes seuls. Depuis peu, les femmes aussi osent.

Quel impact écologique?

D'après une étude, l'humanité produirait au quotidien jusqu'à 7 millions de litres d'urine. Pas de quoi paniquer, on parle d'un nouvel or vert. Les scientifiques savent tirer profit de tout, pas les congolais. Les urines sont réputés être porteuse de beaucoup de vertus mais aussi plus de 3000 composant chimiques. Une bonne source d'énergie, un engrais industriel voire un médicament. On les recommande comme boisson dans une certaine mesure. On ne devrait donc plus s'y méprendre, mais ce n'est possible que dans une ville, un pays qui s'y prête.

Dans une ville comme Lubumbashi, l'impact environnemental des urines en plein air est insoupçonné car à leur évacuation, les urines ne sont pas stériles. Mais pas d’étude scientifique pour fixer l’opinion. Hélas ! Il s'observe partout où l'on urine d'ordinaire que les herbes et toute autre plante jaunissent progressivement jusqu'à sécher carrément. La couleur du sol vire progressivement à la pâleur et les odeurs nauséabondes abondent. Certains urinent dans des bouteilles, d'autres dans les caniveaux où coule l'eau vers des collecteurs au risque de contaminer la nappe souterraine.

Vues d'ailleurs

La situation n'est pas que congolaise, pas vraiment. Même en France où les toilettes ne manqueraient pas, des individus urinent en plein air. En Afrique, les ivoiriens déplorent la même situation comme au Sénégal où personne ne se gêne, alors que le Rwanda tente de l'endiguer depuis quelques années. Et les habitudes ont plutôt changé. ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com