S'il l'on affirme que la vie n'a pas de prix, on ne devrait plus en dire autant de la santé. Le serment d'Hippocrate n'est plus qu'un serment, pas vraiment une vie pour les médecins. Et la vie d'un patient n'est plus vie sans argent. Avez-vous déjà été hospitalisé de votre vie? Si oui, vous allez repenser à votre séjour. Peu importe le standard de l'hôpital qui vous a reçu, vous n'en sortirez presque pas sans un lot de plaintes enregistrées. Pourtant pour une première expérience à l'hôpital, c'est plus la vie de patient qu'on expérimente durant une première nuit qui ne finit pas.

Des lits dans un hopital de Lubumbashi *Ph: FideleBlog-Juillet 2016- Une première nuit qui ne finit pas

La première nuit dans un hôpital est longue surtout pour une première expérience. Au premier plan, le patient s'imagine vivre ses derniers jours ou craint qu'il en soit ainsi. Une fois rassuré par le bon côté de sa conscience, il revient à la misérable nouvelle vie qu'il vient de décrocher. A d'autres de défiler de mémoire leurs passifs et actifs, alors qu'ailleurs c'est à la survie de la famille qu'on pense ou aux gens qu'on aime. Les plus jeunes quand à eux voient plutôt les aventures à manquer, les sorties ratées e les longs projets à oublier. Bref,  être hospitalisé c'est finalement une autre forme d'emprisonnement.

C'est alors qu'elle devient longue la première nuit à l'hôpital. Certains vous diront qu'ils ont plusieurs fois compté les carreaux du plafond, pourvu qu'il en soit fait. D'autres diront avoir imaginé une place pour eux à la morgue. Mais ce que nombreux n'osent pas, c'est de réfléchir sur le bon côté de ce séjour et de la vie menacée.

C'est en effet la meilleure occasion de se rendre compte de l'importance de la vie, à l'exemple de quelqu'un sorti indemne d'un crash ou d'un déraillement de train et qui devient croyant. Cette nuit qui ne finit plus est aussi une opportunité de comprendre que la vie n'est visiblement pas chère si elle n'est pas encore en danger. Le temps est aussi donné d'apprécier le sens de la famille et des relations avec le prochain, l'importance de l'amitié et de votre propre existence.

Ce jour-là, je suis pour la première fois interné dans un hôpital de ma ville où je découvre toutes les humeurs humaines. Et dire que c'est un hôpital de bonne réputation par son standard, sinon j'en aurais appris doublement.

- Les médecins: Nos petits dieux?

La réalité dans les hôpitaux c'est que les médecins sont des mini-dieux. Du moins ceux de notre temps! Autant les infirmiers s'inclinent devant eux, autant les malades disent subir leur arrogance parfois démesurée. Nos très chers donneurs d'ordres ne rencontrent pourtant plus que peu la collaboration des patients fatigués de dédains.

Il est presque 18h00 dans un hôpital de Lubumbashi (RDC). Le médecin permanent est en tournée, les patients sont en alerte préparant des explications sur leurs états. Au premier lit dans une chambre, une femme gardant son époux malade est chassée de la salle pourtant son patient n'a qu'à peine la voix. Au lit suivant, le petit-dieu écoute le patient se plaindre des piqûres de la veille et dénoncer les effets de certains médicaments. Le docteur fait la secrétaire, entend et note sans rien dire, prescrit d'autres produits et ordonne à l'infirmière de passer à l'autre lit avant de prendre la porte. C'est ainsi la plupart des jours sauf si un patient bénéficie d'un coup de chance pou vraiment parle avec le médecin.

Il me revient de m'interroger: C'est quoi le rôle du médecin? S'il se limite à auditionner et prescrire après la seule attention à l'arrivée du patient, c'est alors une défaillance grave. Soigner ne voudrait-il pas aussi dire s'entretenir véritablement avec le patient pour dégager de ses mots et gestes des signes d'évolution ou pas pour réorienter, modifier ou renforcer les soins(?!). En voilà des erreurs qui peuvent multiplier les chances de mourir dans un hôpital quand jouir de l'autorité du médecin l'emporte sur son devoir.

Les chrétiens disent cependant que c'est Dieu qui guérit, peu importe le rôle que le médecin a à jouer.

- Un patient est mort, "Je n'en reviens pas toujours"

À l'hôpital c'est comme au match de football. Mais si l'on ne peut avoir un match nul, on n'en sort guéri ou mort, parfois autant qu'on y est venu quand les soignant ont échoué. Mais quand on n'est pas celui qui meurt, on est parfois témoins soit de la mort de quelqu'un, soit des pleurs des éprouvés. Charles KOJ, patient dans un hôpital de Lubumbashi, dit ne pas en revenir la mort d'un patient dans sa chambre.

Depuis son séjour dans cet hôpital,  Charles s'habituait aux cris dans différents pavillons jusqu'au jour ce son voisin de chambre qui meurt. Il n’en revenait pas. Il dit s'être senti mort aussi. Une réalité qui le rendra plus fragile dans un milieu où l'on ignore toujours la psychothérapie. Et il en souffrait encore au moment de notre entretien.

Comment les hôpitaux peuvent-il  aider à lutter contre le traumatisme des patients? Pour Charles et d'autres experts, il faudrait obligatoirement dans chaque hôpital un service de psychothérapie qui fonctionne au quotidien. Certains patients vont jusqu'à penser que les malades devraient être regroupés selon la gravité de leurs états de santé. Qui dit mieux!

Dans tous les cas, la vie de patient dans un hôpital est une réalité que tout le monde peut expérimenter même une fois dans sa vie. Les plaintes des patients ne sont pas que de notre ville, les comportements des médecins non plus. Au temps actuel, tout est capitalisme, tout est business. Et dire que la santé n'a pas de prix! ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com