Il assure pouvoir organiser les élections cette année mais l'essentiel pour nombreux de congolais serait qu'il dise enfin qu'il ne sera pas candidat à  sa propre succession. Alors, Partira ou ne partira pas!? C'est en tout cas le langage autour de la fin du dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila, président de la RDC, et de son éventuelle reconduite forcée pour un troisième mandat visiblement soutenu par certains de son camp, à en croire l'opposition. Cependant, ce sont des personnes sans mandat qui portent dans une confusion mortelle toute la nation, provoquant débat et soulèvementsà cause de ce qui est appelé "glissement". Joseph Kabila serait sur le chemin de garder le pouvoir, d'imposer un troisième mandat ou même de freiner l'organisation de scrutins attendus au pays. Pourtant, aucun mot ne filtre de la bouche de Kabila, bien qu'on lui colle toute interprétation. Et s'il surprenait plus d'un?

Joseph Kabila, Président de la RDC *Pho: http://desc-wondo.org/fr/- Un rêve?

C'est peut-être bien de la naïveté, mais objective. Si à plus d'une analyse, beaucoup de signaux sont au rouge, il s'avère aussi que toutes les spéculations en partage au pays et dans le monde n'ont pas réduit les alertes ni le doute ou la peur parmi les citoyens. Kabila partira ou pas en 2016? Il est important et légitime aujourd'hui de se le demander mais, il serait prudent de ne pas trop avancer selon la foule, ni selon l'opposition politique seulement.

Depuis le 26 janvier 2016, Kabila a totalisé 15 ans au pouvoir dont 10 ans pour deux mandats, et il reste le même, imperturbable silencieux. C'est bien gênant pour la nation, mais rien ne l'obligerait non plus à se prononcer à l'heure actuelle, affirme-t-on. Serait-il fou que de croire qu'il surprendra positivement les pessimistes ou c'est trop optimiste de l'espérer? Tout est envisageable et rien n'est interdit. Kabila pourrait bien laisser le pouvoir. Et c'est le cas d'y croire. Kabila pourrait bien partir, refaire l'histoire de la RDC.

- Kabila a plusieurs raisons de se retirer

Comme le ministre belge des affaires étrangères, Didier Reynders, croyons que ce serait historique et honorable pour Kabila de quitter librement le pouvoir dans un pays où jamais personne ne l'avait fait auparavant. C'est lâche que de ne pas faire face à ses responsabilités!

L'histoire reconnaît Kabila comme le plus jeune président de la RDC, à un moment le plus jeune du monde, sous qui le pays a connu ses premières véritables élections presque démocratiques, celui qui a fait parler de la fibre optique et de la télévision numérique au pays même sans les deux, celui qui a quand même doté le pays de quelques routes acceptables bien que pas différentes de quelques gouttes dans la mer, etc. La RDC pourrait aussi le garder en mémoire comme le tout premier vrai sage quant au sens du respect de sa constitution... Ce serait là un président historique et honorable.

- De l'incertitude malgré tout

Le météo politique congolaise affiche des alertes, la tempête se lève. La méfiance domine aujourd'hui la population et le silence de Kabila, trahi par les interventions de son entourage, n'améliore rien. Le peuple est confus, les politiciens spéculent et divisent, et les tensions naissent.

Qui dirait mieux que Kabila se représentera ou pas pour un troisième mandat si ce n'est que lui-même? Tryphon Kin Key a tourné çà et là en Europe affirmant sérieusement que Kabila conserverait le pouvoir après 2016. Mais ni lui ni ses camarades pro-Kabila n'ont pu dire qu'ils avaient été mandatés officiellement. Ils ont réussi à semer le doute, ils ont créé la confusion, mais celle-ci pourrait leur revenir.

Kabila pourrait pourtant se prononcer en respect de la constitution. Qui sera alors confus? Plusieurs citoyens disent: "il n'y a rien ici qui puisse nous rassurer, aucun signe, aucune volonté ne sont affichés." D'autres ajoutent : "Les faits parlent, or rien ne se fait pour son départ. Nous avons des raisons d'avoir peur. Joseph Kabila jauge la population avant de prendre position, et ce n'est pas bon du tout. A nous de nous montrer plus prudents, rudes et déterminés contre l'incostitutionnalité. (...)".

- L'heure n'a pas encore sonné, méfiez-vous!

Il est humain et naturel d'avoir peur. Et la situation politique et ses tensions en RDC renforce le naturel humain de la défensive. Normal donc que le silence de Kabila réveille peur, soupçons et spéculations sur son départ. Mais est-il temps? Prétendre que Kabila ne quittera pas le pouvoir serait très précipiter, autant qu'il ne mérite pas non plus tout le crédit. Il faut plutôt l'éveil de la conscience citoyenne, pas de soulèvements parfois sanglants.

Les citoyens devront rester vigilants, méfiants et prudents. Ceux qui tendent à convaincre que Joseph Kabila reste au pouvoir pourraient être des provocateurs de tensions, cherchant des raisons de soulever le peuple pour semer un climat qui ne permettrait pas les élections. Et ce ne serait profitable qu'à eux. C'est alors que même sans vous le demander, Kabila garderait mieux le pouvoir.

Cependant, folle pourrait être ma conviction d'un départ de Joseph Kabila en 2016, mais j'y crois vraiment. Dans le cas contraire, il n'aura pas valu mieux que les autres d'ici et d'ailleurs. Il faut savoir nager à contre courant, refaire les discours et l'histoire. A Kabila le ballon, à lui de faire le bon choix et redessiner le visage de la RDC! ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com