Une nouvelle ère à l'université de Lubumbashi? C'est en tout cas ce qui est affiché. Avec son recteur CHABU MUMBA et ses centaines de collaborateurs, l'institution est au temps de belles présentations. Alors pour nombreux, dire que ça ne va pas à l'UNILU ce serait connaitre mal cet alma mater ou simplement de la mauvaise volonté. Mais quel est le réel contenu de ce nouveau tableau? Le mot changement est entendu en plusieurs autres endroits. Quid de cet autre changement tant annoncé haut et fort ? Ceci est une refonte d’une de mes publications, déjà  déclassée et qui avait produit des effets contraires à mes attentes, auprès de mes lecteurs...

Universite_de_Lubumbashi__AdministrationEst-ce un coup de peinture sur une couche de rouille ? Parmi les obstacles à la formation apaisée que nous avons longtemps dénoncés, le recteur a ouvert le feu sur la vente des syllabus et le droit d'auteur, souvent sans auteur. Il a émis une circulaire (N°005/2013 du 18/12/2013) interdisant toute vente de ce support et perception de droit d'auteur, autrefois obligatoires dans certains cours même avant leur introduction. Désormais, si nécessaire, la vente d'un syllabus sera « organisée par le décanat ou la direction de l'école ». Alors, besoin de droit d'auteur? Le recteur le permet, à condition que l'ouvrage possède "un numéro de dépôt légal", sinon inutile d’y penser. Cela est officiel, pourvu que ça s'applique sur le terrain, et que les étudiants, cibles et bénéficiaires, en soient informés et apaisés.

A l'UNILU, avec ses 400 professeurs à thèse, au moins, le changement est au rendez-vous. Mais nul ne néglige l'existence des "brebis galeuses", que dis-je pardon, des « professeurs aux pouvoirs extraordinaires et ne répondant que de certaines loges ou chaires célestes » dans le corps. Toutefois, l'UNILU a beau avoir aujourd'hui des avancées qu'on affiche, elle a tout de même près de dix fois plus d'étudiants dans des bâtiments conçus pour dix fois moins. Ceci n'est sans doute pas une raison pour le corps universitaire de ne pas brandir ses réalisations. Des bâtiments construits ou en cours dans des facultés (Criminologie, Pharmacie, Lettres...),  des restaurations par endroits; l'UNILU pourrait sourire. Puis un clin d'œil à la réhabilitation des facultés polytechnique et des Sciences Sociales par le gouvernement : on pourrait bien entendu entrevoir une grande collaboration entre l’institution académique et le gouvernement. Et si les insuffisances ne disparaissent pas totalement pour autant, on pourrait toujours dire qu’on est humain…

En matière des frais académiques, le changement semble avoir eu lieu il y a longtemps, car on affirme que l'UNILU est l'université la moins chère du pays. Officiellement, le ministère de l'enseignement supérieur et universitaire prévoit « 450 USD » par an, pourtant l'UNILU n'est qu'à 300 USD pour les promotions de recrutement et 250 USD pour les promotions montantes. Les autorités affirment qu' « il existe un contexte particulier autour de l'UNILU pour en arriver à cette baisse ».

Vous en voulez encore des avancées? Vous apprendrez aussi que "certaines facultés n'avaient pas d’installations sanitaires, mais aucune n'en manque aujourd’hui". En même temps on note que l'université n'a pas mission de construire, cela est une affaire de l'Etat. Mais à qui de veiller à la qualité des enseignements?

Oui, les avancées sont notées, mais les étudiants ne voient souvent rien car l'université semble ne leur rien communiquer sur son fonctionnement. Et la délégation des étudiants se fait traiter de complices de l'administration, une probabilité difficile à prouver. Les plus critiques vont à affirmer: « les délégués des étudiants et leurs collaborateurs ne sauraient accomplir leur mission tant qu'ils ont des faveurs »: minerval et logement pris en charge, par exemple. Toutefois, les réalisations sont visibles, n’est-ce pas. Il serait dangereux de faire de la confusion.

L'université de Lubumbashi devrait donc parler et faire parler d'elle le mieux possible. Avoir un site internet et une radio, ce n'est pas assez, on dirait. Sinon, elle risque de former des personnes qui ne la comprennent pas du tout. Corrigez, si je me trompe... Comme sous d’autres cieux, l’UNILU ne devrait-elle pas organiser des journées portes ouvertes ? Elle aurait alors l’occasion de s’adresser à toute la société : la communication orale est encore la plus importante ! ©fideleblog.canalblog.com