Diriger sans ou avec terreur, certaines autorités sont pretes à tout, pourvu que leurs principes s'imposent. Nous sommes à Lubumbashi, les immondices ont encore une place de choix parmi les hommes et le maire de la ville en a assez. Du coup, il faut redorer le blason terni dans sa juridiction. Pourtant, la population remet sur table la question des procédures et du respect de l'être humain par les autorités de la ville pendant leurs tournées.

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Dans le souci de vivre dans un milieu sain, la mairie de Lubumbashi avait exigé à tous les ténanciers de boutiques, magasins et autres espaces comerciaux de garder propres leurs milieux de travail jusqu'au bord de la rue la plus proche. Evidemment, l'obéissance n'a pas toujours suivi. Et l'on se demande quel langage attend la masse. C'est ainsi qu'après beaucoup de tentatives stériles, le maire et ses collaborateurs ont entamé des descentes sur le terrain dans les sept communes de la ville. Objectif: “Constater et apprécier l'application de l'appel à la salubrité, mais aussi le faire appliquer chez les recalsitrants, à tout prix."

Dans ce processus, le respect de l'être humain “se fout sur le pied”. Des ténanciers de cabines téléphoniques qui perdent tout, des vendeurs à la sauvette qui se font tapper par la police, des pré-jugés coupables qui se font embarquer comme des animaux publiquement et sans pudeur. La population se plaint enfin: "Que la mairie fasse son devoir, on apprécie, mais qu'elle traite ainsi l'étre humain c'est inacceptable", se plaignent des témoins d'une récente descente de la mairie.

Oui, la ville est insalubre; oui plusieurs congolais n'ont aucune notion ni de l'environnement ni de civisme. C'est vrai aussi que la mairie doit faire appliquer les lois de la république dans sa ville. Mais jusqu'où peut-on se permettre d'aller pour faire passer la volonté de l'autorité? Le risque de la désobéissance civile pourrait être une des conséquences du traitement de l'homme que dénonce aujourd'hui la population. On ne doute pas non plus que la mairie soit elle-même un obstacle au respect social de ses recommandations.

On ne peut gouverner que des hommes, mais si ces derniers se rebellent, on ne restera qu'avec le titre de "gouvernant". Les citoyens ne sont ni toujours naifs ni toujours bêtes, les mentalités changent. Il serait cependant bénéfique aux gouvernants de ne pas précipiter le changement à force de massu, car les effets pourraient surprendre plus d'un. Moquez-vous de tout, pas du peuple... ©fideleblog.canalblog.com