Nous sommes dans la provinces du Haut-Katanga, une de celles découpées de l'ex-Katanga. De Lubumbashi à Likasi, nous vous amenons dans un véritable voyage, mais cette fois, nous sommes au pays des oubliésdes regimes successifs au pouvoir. Il suffit d'ouvrir grand les yeux pour lire sur les visages des paysans situés le long de la route les signes d'une existence malheureuse. Ils dorment pourtant au-dessus d’incroyables réserves de cuivre et de cobalt.

Les Pygmées, Peuple oublié de la RDC. *Ph: lemonde.frAu pays du cuivre et du cobalt, des centaines de paysans vivent encore dans des huttes rudimentaires qui témoignent d’une vie précaire. Dans les villages la pauvreté de la population saute aux yeux. Les personnes âgées fondent comme de la cire au soleil. Leurs vêtements déchiquetés laissent entrevoir des corps frêles recouverts d'une peau sèche. Les enfants, eux, présentent des signes de malnutrition chronique.

- Un autre Congo

Les 120 kilomètres qui séparent Lubumbashi de Likasi offrent un voyage étonnant. Les villages le long de cette route donnent l'impression de pénétrer dans un autre pays. Car ces gens manquent de tout ou presque (eau, électricité, centre de santé, et école). Alors qu’ils voient chaque jour passer devant eux des camions chargés de minerais, dont les cargaisons seront envoyées à l’étranger, les villageois vont couper du bois pour produire du charbon, principale source d’énergie et de revenus pour les habitants de cette région. Le travail de charbonnier est épuisant et dangereux. « Voyez comme on nous ignore! Pourtant c'est derrière nos maisons que sont extraits les minerais dont nous ignorons parfois la couleur », se lamente un vieil homme presque mourant. Le train de la modernité dont monsieur Kabila se vante d'être le conducteur n'est visiblement pas passé par là.

- Les oubliés des politiciens

L’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi a d'ailleurs lui aussi sa part de responsabilité. Et le pouvoir se charge bien de le lui rappeler, pointant du doigt ces pauvres paysans pour lesquels Katumbi l'opposant n'a jamais rien fait. En janvier 2015, le chef de l'Etat congolais désignait « les autorités provinciales » (le gouvernement et l’assemblée provinciale) comme responsable de la criante pauvreté des villages situés le long de la copperbelt, la fameuse ceinture du cuivre qui part de Kolwezi jusqu’en Zambie.

A l'approche de nouvelles élections aucun débat n’a lieu sur la vie des paysans. Comme toujours, les paysans sont les grands oubliés des politiciens. ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com