Sur appel de l’opposition politique en RD Congo, des centaines de citoyens congolais qui depuis des décennies n’ont plus tenu résistance au pouvoir, sont descendus dans les rues du pays notamment à Goma, Boma et à Kinshasa. Des étudiants mêlés à la foule font face à la police et aux militaires dans ces trois villes. Des blessés se dénombrent en dizaines pour la première partie de la journée, et des morts sont annoncés. La suite serait plus catastrophique. On se souviendra que le 05 janvier dernier, Joseph KABILA avait promis au Congolais qu'il ne permettrait plus jamais la coulée d'une seule goutte de sang d'un congolais. On en est où ? Cherchez ces hashtags : #Telema ou #RDC

A Kinshasa, des pneus en feu dans une rue. *19 Janvier 2015Selon nos sources sur place, les autorités de la capitale et du pays, même celles de l’opposition, ont été surprises de l’engagement des congolais qui se sont vite constitués en un peuple. Dans la capitale, la police débordée fait appel à l’armée, tandis que des gaz lacrymogènes sont jetés à Goma au quartier Birere. A Lubumbashi dans le Katanga, des balles sont annoncées dans les communes de la Katuba et Kampemba, malgré l'appel des autorités urbaines à ne rien manifester alors qu’elles déployaient l’armée et la police dans la ville.

Au même moment que les citoyens meurent au pays et que l’insécurité domine quelques villes du pays dont Kinshasa, Joseph KABILA balaye tout de la main et reçoit son homologue Angolais Eduardo Dos Santos au palais du peuple. Dans les médias de la capitale, il serait interdit de diffuser quoi que ce soit sur l’état de la ville. D’ailleurs, deux chaines serait déjà fermées. Et la télévision nationale présente un pays qui va bien en se focalisant su KABILA et sa cérémonie au palais du peuple. Pendant ce temps, le ministre de l'intérieur, Evariste BOSHAB, perd son bureau saccagé par les manifestants de Kinshasa. OUI, c'est historique, mais on pleure nos compatriotes morts au nom de la démocratie.

Corps d'un manifestant traversé par une balle à Kinshasa. *19 Janvier 2015**De mon collègue Blogueur Aimé KAZIKA à Kinshasa**

 « … Ce sont des choses qui ne sont jamais faites à Kinshasa. On a toujours cru que les Kinois étaient des peureux… C'est une leçon de l'histoire. » « … Le gouvernement a cru qu’en mettant un dispositif sécuritaire et militaire impressionnant, il allait contenir la manif ». « … Cher fidèle, la tension et la manifestation, ne sont pas à séparer. Celle d'aujourd'hui, dépasse de loin, celles de la semaine passée ». « … Il faut comprendre le contexte de Kin. Kinshasa n'est pas très habitué dans ce genre de situations, mais quand tu vois qu'il y a élan,… c'est une bonne chose... C'est pour la première fois, au moins en 14 ans, que la population répond à l’appel de l'opposition ».

Un manifestant fait face à la police, Kinshasa. *19 Janvier 2015**Après le Burkina-Faso, le tour est-il à la Rd Congo ?**

Peut-être pas maintenant, mais la nation ne dort plus. Moi, à ma propre surprise, je reprends confiance en ma nation qui redevient un peuple. « Ce n’est que le début », ai-je lu dans un tweet. Le peuple est débout, le peuple ne dort plus. Ce n’est pas seulement parce l’opposition a appelé à bloquer l’adoption de la loi électorale que le peuple a régi. C’est seulement ma nation qui prend désormais conscience que sa destinée est détournée. Les rues barricadées, les pneus brûlés, les policiers chassés,…on observe à une réécriture de l’histoire.

« On est où là ? », m’a demandé un correspondant sur facebook. Et bien, on est au pays de Lumumba, celui de Mobutu, à l’heure du réveil du géant. Ceci restera historique et l’avenir en parlera. Attendons la suite. ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com