TENSIONS ENTRE LES CONGOS: MALENTENDU OU LÉGITIMITÉ?
"Ce n'est pas parce que la RDC laisse n'importe qui entrer et vivre au gré des vagues sur son territoire que chaque pays le permettrait." Des ressortissants de la RDC vivent l'enfer à Brazzaville, surtout quand ils resistent à revenir chez eux. «Dépouillés de tout» pour les uns, «dénudés», pour les autres, ceux qu'on appelait «nos frères kinois» sont devenus les ennémis à abattre. Du coté du fleuve congo, les Brazzavillois renvoient les "Zaïrois", certains sans rien, eux qui "seraient devenus pires que le serpent". A Kinshasa, c'est la grogne d'un peuple opprimé qui voit son gouvernement sourd, voire absent.
Aujourd'hui, la haine est la bonne dose que les peuples de deux Congo peuvent se partager. Comme si cela en valait la peine, vraiment! Les ex-Zaïrois ne comprennent pas que des milliers d'entre eux subisent la haine des voisins Brazzavillois qui les refoulent dans un inhumanisme aigü. Droits et dignité humaine écartés, ces étrangers à Brazzaville, ont avalé chicottes et affronts, et subi stigmatisations et dedains, puis pillages et refoulement.
La position est la même dans le grand public de la RDC: Que le gouvernement réagisse et vite, sinon on se chargera de la riposte. A ces propos, certains Brazzavillois ont d'eux-mêmes choisi de retourner chez eux. Les intrèpides sont rester, nombreux.
Au moment où se multiplient des vains discours politiques, la haine s'accroit et les renvois continuent de l'autre coté. Mais dites, qu'est-ce qui choque: le refoulement des kinois? La brutalité de Brazzaville? Ou la surprise de l'acte? On peut tout dire, même parmer de la xénophobie!
Le Congo Brazza n'est pas un territoire de la RDC, mais bien un pays souverain, libre de ses décisions et responsable de son intégrité territoriale. Sans prendre partie, je ne comprends pas que qui que ce soit s'oppose à la volonté d'un Etat de se sécuriser. Je ne peux le prouver, mais je ne crois pas que tous les ressortissants de la RDC aient été refoulés de Brazaville. L'opération aurait visé les sans papiers, ces clandestins et ceux venus chercher la bonne vie et qui sont devenues des SDF troublant la quiétude chez autrui. Aucun pays sérieux ne pourrait tolérer cela. Je ne m'oppose personnellement pas au fait que le président Sassou Nguesso ait choisi de renvoyer à Joseph Kabila ses brébis qu'il n'a pas su faire paître.
Toutefois, elles sont déplorables les conditions dans lesquelles sont expulslés ces concitoyens. Le traitement qu'ils ont subi n'est pas acceptable, j'en conviens, mais pas digne d'une vangence haineuse. Les expulsions se sont poursuivies pendant le temps de négociation entre les deux pays, et c'est incortable. Avec un flot de «3 à 5 mille» reffoulés par jour, des vies se sont bouleversées, bien sûr. Certains d'entre les renvoyés sont nés à Brazzaville, nombreux n'ont aucun domicile et donc rien en RDC, mais voilà qu'ils doivent y revenir laissant tout derrière eux. Ça, je dennonce!
Ce qui choque ma fierté d'être RD. Congolais, c'est plus les actions inperceptibles des gouvernants en RDC. Ils rassurent de s'impliquer largement pour calmer la situation, mais rien ne change, surtout pas les conditions d'accueil de ces "réfugiés chez eux". Là l'Etat a failli, encore une fois, et c'est malheureux que même chez soi on vive dans l'insécurité. Vous me direz que leur nombre est igérable!
Quant à vouloir rendre la pareille aux congolais de Brazza vivant en RDC, cela reviendrait à lancer un conflit sans fin, et pour rien. Il conviendrait plus de dialoguer, s'ils le peuvent. Les relations entre les deux peuples sont déjà entachées, mais la hache de guerre ne devrait pas être aigusée. Il suffit d'une bonne politique et d'une bonne considération du peuple... ©fideleblog.canalblog.com