A la frontière Rdc-zambienne de Kasumbalesa, les handicapés sont exploités par les commerçants. S’ils ne sont pas eux-mêmes trafiquants, les handicapés sont victimes du traitement de faveur dont ils jouissent à la frontière. Désormais, les vrais propriétaires recourent à leurs services notamment pour importer de la Zambie des produits prohibés.

Handipacé sur un vélo à Kasumbalesan Frontière RDC - Zambie. *Photo: Fidèle Bwirhonde - 2017

La journée à cette frontière, difficile de se frayer un chemin dans le très sollicité couloir qui relie la Rdc à la Zambie. Le soleil est au zénith, le sol est brûlant, il n’y a pas de place pour tous. Petits et grands, parfois en famille, se bousculent, chacun lourdement chargé et souvent nerveux. Certains sont débout, d’autres assis sur les mêmes charges qu’ils transportent. Ce sont les handicapés utilisés par des commerçants.

Boissons alcoolisées, sucre, ciment et farine de froment sont entre autres produits difficiles à sortir de la Zambie. Pourtant, les mêmes produits sont importés chaque jour, librement et en centaine de kilos transportés toujours à vélos. Sur place, les handicapés sont parmi les transporteurs les plus sollicités sans scrupule, conduisant des vélos sur lesquels eux-mêmes sont poussés pour avancer.

Des personnes sans défense exploitées

Pauvres handicapés ! Ce sont des personnes vulnérables, souvent marginalisées voire humiliées dans nos sociétés.  Mais pour faire face à la pauvreté, ils sont prêts à affronter tout mépris, qu’importe s’il faut vendre l’honneur.

Carine Namwan, femme commerçante, affirme que depuis plus de 3 ans qu’elle fréquente Kasumbalesa, les handicapés étaient et son toujours utilisés pour le transport des marchandises, souvent non autorisées. « Je n’ai jamais eu le courage de les utiliser, parce que je considère cela comme une exploitation. Mais c’est cela leur vie. Parfois j’en veux à ceux qui les utilisent mais je me demande aussi comment ils pourraient vivre sans cela ».

Mais pourquoi ? Franck, jeune transporteur, nous révèle que « les handicapés jouissent d’un minimum de contrôle à la frontière. C’est avec eux que les produits défendu par la Zambie à l’export traversent plus facilement la frontière parce que les contrôleurs se montrent souvent compatissants avec eux. Mais on ne sait pas si c’est légal ou pas ». A ces jours, on ne saurait réellement identifier ceux qui les utilisent quand on n’est pas initié.

Le phénomène se mondialise

Mais à travers le monde, bien des peuples exploitent les handicapés derrière l’insertion professionnelle. En France par exemple, cette pratique a été dénoncée dans les entreprises en 2016 par des lanceurs d’alerte.

Mais l’Onu continue à encourager les états à des considérations plus humaines des handicapés dès l’enfance. Car les droits des personnes handicapés sont aussi des droits humains susceptibles d’une protection collective. Une politique nationale est également recommandée par l’organisation internationale du travail et par Etat pour la réadaptation professionnelle des handicapés. « Ladite politique devra avoir pour but de garantir que des mesures de réadaptation professionnelle appropriées soient accessibles à toutes les catégories de personnes handicapées. ». ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com

Fidèle Bwirhonde