La mort de Tshisekedi vient-elle conforter le pouvoir de Kabila ? Difficile de l’affirmer, mais la réalité semble accréditer cette thèse. Exiger un enterrement spécial pour Etienne Tshisekedi fait perdre du  temps et détourne le débat.

Etienne Tshisekedi, avant sa mort. *Ph: voaafrique

Pauvre Tshisekedi ! Même mort, il règne et s’oppose toujours. Sa mort aura au moins permis de montrer l’hypocrisie de nos politiciens, du pouvoir comme de l’opposition. La vérité c’est que personne n’a osé traiter la mort de l’éternel opposant comme un non-événement.

Un long deuil sans funérailles

Honorer la dépouille de Tshisekedi devient une insolente priorité politique depuis plus d’un mois. Cela, malgré l’impatience des Congolais à embarquer dans la transition censée donner de nouveaux dirigeants légitimes. Le peuple veut être fixé sur les élections à venir.

Tout se passe comme si le fantôme de Tshisekedi était maître de la scène politique congolaise. Force est de constater, en effet, que depuis sa mort, l’opposant devient l’urgence politique au pays.

Ils pleurent Tshisekedi et perdent le nord

Le gouvernement a réussi ainsi à ramener à la vie l’ex-Premier ministre en le rendant plus honorable que l’opposant qu’il était. Une stratégie qui aveugle également l’opposition post-Tshisekedi qui pleure son ex-leader, mais se montre incapable de l’honorer par la préservation des acquis de sa lutte. Ainsi, ils ont excentré le vrai débat politique. C’est comme s’ils avaient perdu le nord.

Depuis plus d’un mois Tshisekedi repose dans une morgue européenne, le temps passe et la transition qui était censée démarrer pour une alternance du pouvoir semble être au point mort. Faire de Tshisekedi l’essentiel de tous les discours, c’est s’enliser dans des discussions qui n’en finissent pas. Désormais, Kinshasa essaie de torpiller l’accord qu’il a pourtant signé, se servant de la somnolence de prétendus opposants politiques incapables de s’accorder même sur de petites choses. ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com