Que c’est dommage  qu’on en soit là dans un pays où l’on dit faire des dialogues une tradition et des lois un mode de vie. Une résistance pacifique, c’est l’appel qui avait été lancé mais la résistance entre forces de l’ordre et population, les morts dénombrés et les violences qui ont nourri les journées du 19, 20 et 21 décembre 2016 n’ont rien eu de pacifique. Ces manifestations donnent vie à la crainte d’une guerre civile pouvant même devenir ethnique.

La police disperse une manifestation Kinshasa *Ph: rfi.fr

Depuis sa petite jeunesse, le congolais ordinaire d’aujourd’hui apprend désormais à se méfier de tous les discours, à ne revendiquer ses droits que dans la rue,  à rire de la vie et à  braver la mort.

- Un père désavoué et rien de pacifique…

Il se fait percevoir désormais comme insensible, comme indifférent aux cris et envies des congolais. Mais peut-être qu’on le juge abusivement… Plus d’un congolais ne se reconnait plus en monsieur le chef de l’Etat. Mais bien plus nombreux sont encore ceux qui refusent de carrément de s’identifier à lui. C’est moins une question de nationalisme que se ras-le-bol. La RDC est-elle donc orpheline ? Joseph KABILA reste pourtant le garant de la nation, un véritable père de famille, une famille déchirée. Le pays de Lumumba va mal. Nous sommes pourtant l’un de rares pays africain qui se revendiquent la démocratie : République Démocratique...

- Une résistance légitime mais aveugle et destructrice

Cette lutte est noble, légitime. Mais si les revendications sont nobles, les démarches ne le semblent pas du tout. Du sang sur les trottoirs de nos rues, il en a encore fallu durant ces trois journées. Je ne sais pas si je peux l’affirmer mais les manifestations de ces derniers jours contre Kabila ont aussi été contre le pays. Cela les rend aveugles. Au-delà des envies politique à assouvir, nombreux ne savent pas pourquoi ils se font balancer.

Mais honnêtement, tout appel à manifester peut être légitime mais rien n’expliquera –à mon avis– qu’une personne sans aucune sécurité choisisse de faire face à des militaires et policiers visiblement armés pour tuer. Nous voulons la paix et la cohabitation pacifique au pays mais pas avec un peuple qui jamais n’a mis en avant la raison avant l’action. Un peuple qui se déconnecte à tout bout de champ de sa patrie.

Cependant, les raisons sont légion. Qui a de l’argent est aussi le plus fort et donc facile pour lui d’influencer autant de personnes qu’il peut. C’est ce qui arrive en RDC où la pauvreté est mieux connue que l’hymne national. Pas moyen de privilégier la conscience citoyenne devant un puisant qui peut garantir de quoi survivre. Hélas, nombreux sont tombés aveuglement sous les balles de leurs propres militaires et policiers.

- Lui aussi, Joseph KABILA, trop silencieux

Le silence du chef de l’Etat ne lui attire pas assez d’amis, et le prix à payer est lourd. Ces manifestations au pays auraient pourtant pu être évitées si seulement le garant de la nation avait réussi à s’assumer. A Lubumbashi, les manifestations s’en étaient pris aux autorités politico-administratives, preuve du ras-le-bol contre leur incapacité à prendre la parole, à répondre aux attentes.

Entre des gouvernants imperturbables et insensibles aux cris du peuple et des opposants parfois en perte de la raison, les congolais ne savent à qui s‘accrocher. Il est plus facile et simple désormais pour n’importe qui d’appeler le peuple dans la rue que de les protéger dans la rue… Mais dans tous les cas, les vies congolaises sont humaines et comptent.