Deux journées ont été consacrées à un atelier sur la sécurité économique et sociale des journalistes congolais. Tenues à Lubumbashi (10-11 octobre), ces assises qui ont réunis des professionnels locaux des médias, ont porté largement sur l'indépendance du journaliste en RDC. Il était également question de définir des actions urgentes à mener pour garantir la sécurité économique et sociale des Hommes des médias, en réfléchissant sur trois niveaux: le gouvernement, les journalistes eux-mêmes et leurs employeurs.

SNPP_2- Mille défis, un lourd combat

Appuyés par le réseau RCN: Justice et Démocratie, ces travaux ont relevé les majeurs défis auxquels fait face la presse congolaise d'hier à aujourd'hui. Des difficultés liées aux politiques internes des maisons de presse, les responsabilités des corporations, la conscience professionnelle des journalistes, les subventions publiques, l'éthique et la déontologie, les conditions de travail,... Des éléments qui ont été épinglés et pour lesquels il faudrait une nouvelle approche. On a beau avoir l'ordonnance-loi 81/012 du 2/04/1981 portant statut des journalistes congolais, mais la vie du journaliste dans ce pays décline. Et pour le formateur, Stanis NKUNDIYE, tout est pareil partout en RDC.

Premier constat, c'est que les médias en RDC naissent avec facilité mais ne donnent aucune assurance quant à la vie des journalistes salariés. Les investisseurs et les décideurs sont encore légers dans la prise en compte des droits du journaliste qui, lui aussi, ne se valorise pas assez. Un exemple des médias des confessions religieuses à été donné, ces médias dont les personnels seraient les plus mal payés ou pas du tout, avec la tendance dominante qu'il s'agit d'un service pour Dieu. Pour les formateurs venus notamment du Syndicat National des Professionnels de la Presse (SNPP), il revient aux médias et un journalistes d'avoir un esprit de solidarité professionnel pour des contenus plus impactants et la sécurisation mutuelle.

L'autre défi s'était le fonctionnement des médias publics qui souffrent de l'attachement à la tutelle éditoriale et professionnelle, au-delà de celle administrative. La conséquence c'est que désormais ces médias n'attirent pas l'attention du peuple pour avoir divisé les opinions en excluant les plus représentatives.

- Des recommandations pour essayer

Les séminaristes ayant suffisamment réfléchi, ont formulé des recommandations à l'endroit des gouvernants, des médias/journalistes et des employeurs. Les principales lignes auront été focalisées sur la solidarité professionnelle, l'allègement des taxes, le respect de la législation en matière de presse, l'adhésion des professionnels à leur syndicat, l'exigence d'un contrat de travail pour tout journaliste, l'organisation des remises à niveau des professionnels ou encore un environnement social et professionnel adéquat.

Il s'avère que la plupart des journalistes congolais n'ont aucun engagent écrit avec leurs employeurs, c'est qui les expose à toute exploitation. "C'est révoltant", ont déclaré les séminaristes qui venaient de prendre conscience de leurs droits. D'après les formateurs, la sécurité sociale et économique du journaliste doit bénéficier d'une grande implication du journaliste lui-même. Un droit ne l'est véritablement que s'il est connu et revendiqué.

Bien que le syndicat des professionnels salariés peine à couvrir le territoire national, un autre défi majeur, il reste l'espoir que la prise de conscience de tous les acteurs fera changer la donne. Il s'agit de garantir aux professionnels des médias des conditions de travail plus humaines et une fin de carrière sécurisée. A chacun ses responsabilités... ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com