La ville de Lubumbashi ne sera plus que cosmopolite, il faut la visiter pour en découvrir mystères et surprises. Qui saurait qu'un vélo de seconde main aurait sa place sur un marché? Eh bien, Lubumbashi offre un espace commercial à cette imagination que plusieurs villes du monde ne peuvent se prévaloir. Voilà un point de secours pour les faibles revenus...

Marché à vélos usagés, Lubumbashi *Ph: FideleBlog-Fidèle BwirhondeAlors que des questions  politiques semblent captiver plus d'un, ici dialogue ou élections, "connaît pas". On peut en entendre parler mais celui qui s'intéresse au prix d'un vélo vaut mieux que celui qui oserait transformer ce lieu d'affaire en agora.

Dans ce marché où les revendeurs passent plus de temps à admirer les passants dans la rue en face, en moyenne 100 à 200 vélos usagés attendent d'éventuels preneurs sur place chaque jour même quand personne ne se renseigne sur leur prix. Mais, c'est normal, on ne vend pas tous les jours.

- Du génie pour des vélos qui reviennent à la vie!

Je ne parlerai pas de résurrection, pourtant c'est bien cela le mot. Des vélos qui reviennent à la vie pour réemploi, c'est ma surprise dans une ville qui se révèle inconnue depuis cette découverte. Dans cette ville de Lubumbashi, la commune Katuba, la fameuse "grand-pays" pour sa superficie donne un espace de vie à cette aventure. Plusieurs braves hommes défient la tradition qui a fait croire que seuls les véhicules usagés avaient de la place en vente ou revente, peu importe leur état. Ils ont appris à rechercher et racheter des vélos désaffectés ou non utilisés sinon de vieux auxquels ils redonnent vie par touches de peinture après passage à la réfection. Mais certains achètent des pièces pour eux-mêmes monter des vélos "neufs" et revendre.

Des vélos pour petits et grands reviennent à la vie, non pour la famille du réparateur, mais le plaisir d'un réutilisateur potentiel dont on se permet à l'avance d'imaginer le goût. Ils sont bien rangés, on dirait  dans une usine, mais ça sent la galère pourtant. Je parlerais de mésaventure devant ce revendeur en babouches torturées pas le raccommodage et la force de l'âge à traverser des rue invraisemblables, mais il l'homme me paraît en était. A l'entendre pas, j'ai eu ma leçon. Un vélo refait et qui redevient comme neuf, c'est un art, une passion, une spécificité. Si certains sont bons en gros engins, véhicules et motos, ce n'est pas qu'une affaire d'argent, mais bien de passion. Et puis, il fallait quelqu'un pour le vélo, ce moyen qui pourrait enchanter le monde quand il n'y aura plus de place sur nos routes.

- Une passion non encadrée et un marché à la dérive...

L'espace où se revendent ces vélos de seconde main ne reflète rien d'un marché quelconque. Entre poussière et activités à peine vivantes, les revendeurs peuvent naturellement passer des longues journées main à la joue croyant en une arrivée parfois improbable d'un acheteur pour redorer les méandres d'une sombre journée. Sur la rue en face, j'admire le génie lorsque du coup on m'approche admirer plutôt u des vélos. Mais plusieurs journées peuvent ainsi s'achever, et chaque vélo revenir au "garage" après bien des curiosités attirées.

Pour ce marché, on ne parlerait pas d'avenir, l'histoire étant de belle lurette. Mais s'il le fallait, on dirait qu'il va à la dérive. Ce milieu de Lubumbashi où le vélo à eu le malheur de se revendre n'est pas le plus bourgeois de la ville, pas non plus le plus actif ou mouvementé. Et les revendeurs en sont conscients, la dérive se profile... A bord de les 4x4, des autorités passent par là mais comme d'habitude, ces quelques malheurs n’attirent pas leur attention. Elles ne s'intéressent qu'à ce qu'il les fait gagner, aux gros investissements. On se remet à sa triste existence, on se recherche des clients et la vie continue... "Personne ne passe par ici, personne ne veut savoir comment nous vivons, et c'est parce que nous ne faisons pas grosse affaire.", lamentations d'un "dieu des vélos" dégoûté par l'abandon. Du soleil ou de la pluie, de la poussière ou de la boue, et un abandon total, c'est cela leur lot.

Une créativité non accompagnée peut être moins résistante qu'une plume au vent. En voilà l'exemple... Mais puisque ce marché a pu faire son histoire, un avenir plus certain pourrait être pensé avec investissement adéquat. Résisteront-ils à l'engouement de points de vente ses véhicules ou le goût de nouvelles générations? Je suis encore en vie pour en reparler, demain... ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com