A première vue, la cité de Kipushi n’a rien perdu de son image aujourd’hui décolorée par la force de l’âge et le poids de l’histoire politique du pays. Seule la dégradation des voies routières et la prédominance de la poussière qui accompagnent la misère sociale se font percevoir. Pourtant depuis quelques mois, cette cité de l’ex-Katanga n’a plus entendu le traditionnel bruit de la légendaire usine de la Générale des Carrières et des Mines (Gécamines). D’une visite éclaire, nous avons découvert les vestiges d’une histoire qui attriste, révolte et fait désespérer tout une population.

Ancienne usine Gécamines, cité de Kipushi/RDC *Ph: FideleBlog - Avril2016Les habitants de cette cité déchantent et désespèrent malgré le passé historique de leur concentrateur aujourd'hui immobilisé. Plus d'un an depuis maintenant que la cité de Kipushi ne vibre plus, que ce concentrateur qui autrefois vrombissait jour et nuit est en veille. D’après les nouvelles sur place, ni la couleur du cuivre ni l’odeur du zinc n’ont plus été d’actualité depuis que l’entreprise minière Malta Forrest a tenté de vendre ses parts  à la firme  Mutanda Mining (MUMI) alors qu'elle ne pouvait céder qu'à la Gécamines. Quand cette dernière reprend la gestion, la responsabilité n'a pas suivi que même la carrière d'où provenait la matière première a été vendue. La Gécamines ne pouvant plus honorer ses factures, s'est vue privée de l'électricité et le concentrateur ne pouvait plus tourner. Depuis plus au moins une année, c'est le calme. Les anciens agents impayés voleraient eux aussi des matériaux et outils d'exploitation dans l'enceinte de l'ancienne usine qui tombe en rouille et en ruines.

Seuls les élèves du Lycée Technique Binti, tout à proximité, peuvent se réjouir d’être épargnés des bruits alors que leurs tuteurs et/ou parents sont dans la galère. Kazembe Albert, un habitant de Kipushi, s'impatiente : « La cité de Kipushi est endeuillée depuis l’arrêt des moteurs de cette usine sur décision de la Gécamines qui nous a mis sur le tapis. Ils nous avaient assurés qu’avec la reprise de la gestion de l’usine, autrefois entre les mains de Malta Forrest, dans une courte période, il y aurait entretien avant relance. Mais depuis, nous voyons la rouille envahir les installations, la décoloration par endroit, et le désespoir s'en suit. Que nous reste-t-il?, rien.

De l’avis de certains avisés, la situation que traverse la cité de Kipushi est l’une des conséquences de la gouvernance du pouvoir en place. D’après un ancien stagiaire dans cette usine, la vérité est ailleurs, et c’est l’Etat. « On le sait, ce concentrateur est aux arrêts depuis que le gouvernement a fait un autre mauvais choix politique. La concession minière qui desservait en matière première cette usine a été cédée à un autre investisseur et la seule issue était celle que vous voyez ».

Le chômage que prétend combattre le gouvernement semble bénéficiaire du jour au jour d'un renforcement pérenne par une inaction qui contredit toutes les promesses et tous les chiffres gouvernementaux. Pourvu que le pire ne soit pas en attente! ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com