Samedi 27 février, le Centre Arrupe pour la  recherche et la formation (CARF) a organisé la quatrième édition de son légendaire atelier, Carf-Forum autour de la libéralisation du secteur des assurances en RDC, les défis à affronter et les opportunités à saisir. Futurs assureurs privés, homme d’affaires, professeurs et chercheurs ont pris part à cette rencontre de penseurs.

"Droit congolais des Assurance", du Prof TSHIZANGAAujourd’hui, la RDC fais face à l’impossibilité d’assurer aux citoyens dignement ne serait-ce qu’une seule assurance, ce malgré l’existence de la société nationale d’assurance (SONAS). Incapable de couvrir le territoire national, cette entreprise publique se meurt, manquant les moyens nécessaires à sa survie. C’est de là que naitra la nécessité de libéraliser ce secteur, bien qu’encore une réalité incomprise que le CARF a voulu faire d »couvrir.

Le professeur Tshizanga Mutshipangu, un des orateurs de ce forum et auteur du droit Congolais des assurances, persiste un blocage économico-culturel quand la souscription aux assurances en RDC, pourtant contribuer aux assurances c’est comme participer à la survie de toute la communauté. On parlerait bien d’une mutualité.  En effet, les congolais ne sont pas un peuple préparé tant civiquement que civilement à la vie des assurances. Il n’y a qu’en RDC où les assurances ne contribuent pas suffisamment au budget national, s’indigne-t-il.

Par ailleurs, le professeur Tshizanga reste convaincu qu’il faudrait une école d’assurance en RDC et même penser à traduire tous les textes relatifs aux assurances en langues nationales en vue d’une vulgarisation populaire à haute portée. Cela est indispensable, renchérissait-il, car l’assurance n’est pas utile que pour la vie, mais aussi pour la mort. Il déplore cependant que le code des assurances actuel ne couvre pas la sécurité sociale qui pourtant est une autre forme d’assurance.

De son coté, le professeur Jean-Luc Kahamba, directeur des assurances à la Gécamines, déplore que malgré les démarches antérieures, la libéralisation du secteur des assurances ne soit d’actualité qu’aujourd’hui, soit 20 ans après. Mais bien que tard, il faudra que le législateur revalorise les sinistrés en baissant la prime des assurés qui ne connaissent aucun sinistre. Dans le contexte actuel, il faudra garantir le service jour et nuit car les sinistres ne se produite pas que le jour. Ce sera parmi les innovations attendues de la libéralisation, autant que l’assurance chômage que cet orateur trouve mieux que l’assurance vie dans un pays comme la RDC.

Fort de son expérience à la Gécamines, Jean-Luc Kahamba parle des besoins des entreprises en assurance, notamment l’assurance immobilière bien plus que l’assurance incendie, ou encore celle de la sécurité des données informatiques dont l’utilité n’est plus mesurables dans le monde actuel où presque tout est technologie. Pour toutes ces innovations souhaitées, la libéralisation est la bienvenue.

Le troisième orateur, le professeur Lukuitshi, Conseiller financier du premier ministre, il était essentiel de libéraliser les assurances en RDC et ce n’était pas tôt. Parlant de l’avenir de la SONAS, il a indiqué qu’il ne sera plus question de monopole. La SONAS aura trois mois pour se conformer aux textes réglementaires après l’effectivité de la libéralisation, et devenir une entreprise ordinaire. De nouvelles structures seront crées en vu de la régulation de ce secteur, a-t-il mentionné.

Il sied de noter que la libéralisation du secteur des assurances sera effective le 18 mars 2016. Aux entreprises étrangères, il est obligatoire d’ouvrir des filiales et non pas des succursales, pour prester dans le secteur des assurances après libéralisation en RDC. ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com