C'est une richesse devenue menace populaire. Depuis presque deux semaines, les paysans du territoitre de Malemba-Nkulu dans la province du Haut-Lomami sont aux abois. La nature reprenant ses droits sur cette partie de la RDC, a poussé hors de leur milieu naturel les éléphants locataires de la forêt de Mondo, suite à une forte pluie tombée sur leur habitat récemment. Envahis par les eaux en trop, ces mammifères ont enclenché le mécanisme de survie, choisissant de se réfugier parmi les hommes qui se voient aussi envahis à leur tour.   Dans les villages de destination, on crit au secours dans le vide.

Un Eléphant du Parc de l'Upemba-RDC *Photo: Radio OkapiIci, la crainte porte bien plus sur la vie dans les mois à venir. Selon les temoins sur place, ces pachydermes envahissent les champs, détruisent les plantes et n'épargnent pas les maisons, à peine débout, aux alentours. Partout où ils ont foulé les pattes, les maïs et les patates n'ont pas résisté à leur gourmandise, sinon leur révanche.

Gilbert KAYUMBA, responsable d'une ONG dans ce territoire confirme les cris de la population. Pour lui, l'Institut Congolais pour la Concervation de la Nature (ICCN) devrait vite intervenir, le ministère de l'environnement et tourisme aussi, avec l'aide des organisations internationales spécialisées. C'est une question d'environnement et de vie!

Joint par téléphone au lendemain de cette invasion, il décrit la situation :

« Ils sont sortis de leur habitat vers la vallée de Lwalaba non loin du fleuve Congo, dans la soirée du 19 janvier. Actuellement ils  sont arrivés aussi à Kangoma où ils ravagent tout à leur passage. (...) L'intervention des autorités et des gardes forestiers n'est pas espérée pour tout de suite car ils sont très loin d'ici et habituellement lents, cependant le plus rapidement serait le mieux. La saison culturale actuelle risque d'etre entièrement perdue y compris les maisons de paysans, si personne n'intervient, notamment l'ICCN en charge de la nature en RDC. Nous aurons faim ici très prochainement, donc il faut agir vite, très vite même. C'est le seul moyen de sauver les enfants de ce territoire menacés par ces éléphants.»

Une semaine plus tard, voulant nous assurer de l'intervention de l'Etat à l'appel de paysans de Malemba-Nkulu, nous avons rappelé notre témoin précité. « Nous sommes toujours en attente, mais pas ces éléphants, eux n'attendent pas. Nous continuons à crier mais tujours personne n'est intervenu, pas même les autorités locales. Nous sommes abandonnés à notre triste sort. (...) Les champs des paysans s'effacent et plusieurs maisons aussi, mais nous ne pouvons rien faire. » Dans ce silence dénocé des autorités, la nature est en lutte contre elle-même et les siens.

C'est là encore une autre conséquence du rechauffement climatique, une sérieuse menace contre la faune et la flore. Alors que dans cette territoire de la RDC on s'inonde, l'Est du même pays traverse sa sécheresse alors qu'à #Lubumbashi on se déplace entre soleil, chaleur, pluie, froid et inondation.

Si pendant longtemps l'inconscience de l'homme l'a fait agir contre sa nature en égoïste, une chance est encore donné. C'est encore possible de se rattraper, de se racheter. En attendant, ces éléphants en divagation ne sont amis à personne mais les protéger est une nécessité, malgré tout.

©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com