Se taire, c'est se faire complice... Combien l'auraient cru?  Comme un diable dans le bénitier, ils ont tellement chahuté les pays qu'il aurait été scandale d'Etat de prédire qu'il y aurait tout sauf élections en 2015 au pays de Joseph Kabila. Malgré le calendrier bien taillé de la Commission Election sans élections, les Congolais auront tout vu sauf les élections attendues au 25 octobre 2015. Ils ont encore gagné !

Polémique Election en RD Congo. -*Photo: http://voiceofcongo.netIls battent encore et toujours les ailes, comme si tout était parfait qu’à sauver. Mais ils ne décollent pas et trainent les citoyens qu'ils ont réussi à déconnecter de fondamentaux démocratiques tout en leur parlant de la démocratie. Dimanche 25 octobre dernier, la RD Congo devait organiser ses élections provinciales, locales et municipales, mais les fantômes de programmations sans réalisations nous ont encore rattrapés. Seuls les discours ont survécus, nourris des manipulations sociopolitiques sans fin.

- C'était prévisible!

L'histoire est longue, pourtant elle aurait pu se dérouler autrement. La commission électorale, autant qu'elle en une, avait rendu public son calendrier électoral loin de toute idée qu'elle risquait de ne rien organiser du tout. Confiante, elle a même enregistré les candidatures de ceux que l'on ne sait plus appeler futurs députés. Puis les rumeurs s'élevant majestueusement de l'opposition politique: "nous craignons qu'il n'ait pas d'élections en 2015". Presque personne n'y croyait! Mais elle avait raison!

La majorité présidentielle qui avait toujours la gorge profonde perd désormais la voix. Et sur les élections, l'on ne parle plus que des présidentielles dont tout ressemble mieux aux hypothèses.

Et comme si cela ne suffisait pas, le 10 octobre 2015 on annonçait la démission du fragile mais célèbre président de la commission électorale, l'Abbé MALUMALU, dont la légitimité n'était plus assurée. Comme pour soutenir la démission de ce dernier, un communiqué de cette commission électorale renseignait qu'aucune somme ne lui avait jamais été versée pour les futures élections. Et dire que dans chaque budget annuel on doit une part à la caisse électorale. L'on a alors compris que jamais ce gouvernement n'avait envisagé de vraies élections.

- Quel avenir ?

Le tableau est macabre: inquiétude, peur et incertitude! Dans un environnement politique où la démocratie se nourrit de manipulions, intimidations et démagogies, on ne peut que se plier. Des concertations sans effets, des prévisions de dialogue contestées, des promesses sans espoir,...c'est tout ce que l'on nous offre aujourd'hui. La famille politique présidentielle se déchire, le président de la république élargit le doute lui-même étant en doute sur sa propre position qu'il ne peut clarifier quant à son avenir qui suscite questions sans réponse, et lamentations du peuple. Et dire que les présidentielles de 2016 auront lieu, ceux qui n'y croient n’ont pas que tort.

Aujourd'hui, l'on affirme même que le glissement est constitutionnel, parole du député Edmond KIBAWA se basant sur les articles 105 et 70 de la constitution, pour soutenir sa séparation de son parti UNAFEC devenu du G7. Mais quelle rigolade!

- Un nouvel air à la CENI, et alors!

Comme dans un livre, aucun épisode de la politique congolaise n'est sans suite, mais inversement, la logique ne suit presque jamais jusqu'à la dernière page. Après la démission de MALUMALU, c'est un de ses collaborateurs qui se voit proposer à sa succession, Corneille NANGAA, sur acclamation de sept confessions religieuses sans l'Eglise Catholique malgré son poids.

Nombreux voudraient bien compter sur lui, mais tout le monde sait qu'il hérite d'une poche vide, d'une caisse à problèmes. Si la maladie de MALUMALU a été la justification de sa démission, certains congolais y voient la crainte qu’il aurait eue quant à l'aboutissement des prévisions électorales. Qu'adviendra-t-il alors à son successeur dont le temps est de plus en plus court et sans argent ? C'est bien un nouvel air à la commission électorale nationale indépendante, mais l'issue est incertaine, utopique. Attendons voir, mais il y a à en redire ! ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com