Environ une vingtaines de démissions depuis le 14 septembre dernier au sein de la classe politique congolaise, coté pouvoir de Joseph KABILA… La politique est une viande tendre quand on tient le couteau qui la charcute, jusqu'au moment où l'on charcute son doigt et qu'on doit abandonner. La voix de sept partis politiques de la majorité présidentielle portée au président de la république dans une lettre a démontré que le congolais est assis dans une balançoire. Dans cette république, l'homme politique du peuple n'existe plus, c'est de plus en plus le peuple qui revient à l'homme politique. Et le comble c’est que le congolais refait chaque jours son histoire et même les fait du passé lui parait neuf.

- Ne cédez pas à la manipulation

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La politique congolaise s'éloigne de plus en plus du congolais, elle donne lieu à la politique du ventre. A la majorité présidentielle ou au sein de l'opposition, c'est du chacun pour soi, avec un service minimum pour berner les citoyens. Ceux du groupe de ces sept partis qui se sont désolidarisés du style politique de Joseph KABILA « sur base des soupçons » et, conséquemment radiés de la plateforme présidentielle n'ont rien fait pour le congolais, mais tout pour eux. Les responsables de ces partis sont des politiciens confirmés qui jamais auparavant n'avaient manifesté autant d'intérêt pour le changement politique. Ils roulent les citoyens dans la boue depuis le président Mobutu et chantent la démocratie et la révolution de la modernité aux cotés de mêmes qu'ils dénient aujourd'hui. Où étaient les intérêts du peuple tout ce temps ? Bien sûr, dira-t-on, mieux vaut tard que jamais! Peut-être bien vrai mais, qui d'eux n'est pas coupable de la situation du congolais ?

Qu'on parle de messieurs Charles MWANDO NSIMBA, Antoine-Gabriel KYUNGU, Modeste MUTINGA, c'est des vieux colliers.  Les démissions qui suivent en pompe ne sont que simples attachements à des personnes ou partis politiques sans idéal connu. Surtout quand on a reçu un poste quelconque grâce à une personne ou un parti.

- Trahison, démocratie ou du déjà vu

Au sein de la majorité présidentielle, ceux restés insensibles au « plan machiavélique imaginaire » du président de la république sont aujourd'hui les meilleurs ennemis de ces autres vus comme des « renégats ». C'est désormais insultes et soupçons, accusations et révélations qui se succèdent en toute intolérance et immoralité démocratiquement acceptable. Franchement, l'homme politique est un éternel enfant, sans honneur ni honte de lui.

La République "Démocratique" du Congo est dans l'impasse. Si la démocratie se nourrit de la liberté, elle qui ne permet pas tout, il s'avère important de noter et suivre tout de même les règles du jeu quand on intègre une équipe. Et toute démarche incohérente avec les engagements pris doivent se dénoncer dans un style adaptée à l'institution où l'on se trouve. A mon humble avis, le fameux groupe de sept (G7) n'a pas muri sa démarche. Mais quand j'écoute le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert MENDE, je me dis que ça ne changerait rien qu'on respecte ou pas la procédure. « Un ministre ça la ferme ou ça démissionne », a-t-il affirmé sur la télévision publique.

Cependant, que les bons parleurs du pouvoir se succèdent aux micros non sans insulte et dénigrements, on se dit que la politique n'a pas de cœur. Dans une démocratie, on se tolère, on s'écoute, on se parle, on ne s'impose pas. Un président de la république a-t-il besoin de marionnettes ou d'hommes aux visions multiples et différentes ? On dirait qu'en RDC on veut seulement se faire écouter, et on s'en moque que personne ne comprenne rien, pourvu qu'il ne lève pas son petit doigt.

Toute la mascarade politique actuelle n'a rien de nouveau quand on a encore en tête l'histoire de 13 parlementaires au temps de feu le président Mobutu. Ils réclamaient le changement, en effet, et parmi eux figurait l'historique Antoine-Gabriel KYUNGU qui revient à la charge. C'est donc du déjà vu !

De l'autre coté, c'est la trahison politique qui est évoquée. Ceux du groupe dit G7 sont vus comme des traitres qui ont trahi leur maitre. Qu'ils aient levé leurs voix, c'est carrément un péché et simplement une trahison. Au fond, même s'ils auraient brisé les règles, la clause de conscience donne libre choix de rompre tout contrat. Or, voit-on, en politique, on dirait que tout est contrat et mariage. Et donc, tout divorce ne serait pas trahison.

- Démission des ministres et parlementaires: Personne ne voulait partir

Presqu'une démission s'observe en moyenne chaque jour depuis une semaine, aussi bien dans les provinces qu'au niveau national. Mais toute analyse faite, presqu’aucune démission n'est volontaire. Il s'avère que les démissions sont forcées par les partis qui menacent leurs membres ayant obtenu le pouvoir en leurs noms. Presque personne n'a démissionné au nom des valeurs démocratiques ou républicaines. La question qui reste est de savoir s'il est digne pour un ministre ou un parlementaire de désavouer son parti ou sa position rien que pour garder le pouvoir.

Peut-être bien le président de la république affiche des aires redoutables… Mais ceux qui le dénoncent alors ? Au sein de la société civile à Lubumbashi, les cardes s’interrogent : Pour qui sont créés les partis ? Que savent les membres des partis sur leurs valeurs, philosophies, idéaux ? Toute observation faite, nos partis ne se réunissent que pour des cérémonies et à l’approche des élections. Dommage !

- Et après!

Les partis politiques qui disent militer pour la démocratie font désormais la bête noire de ceux qui hier étaient leurs partenaires et avec qui ils ont défendu ce qui les séparent aujourd'hui. L'histoire est connue, pas l'avenir... Le G7 va-t-il devenir de l'opposition ou restera en l'air comme aujourd'hui ? En tout cas, l'on se méfie, craignant manipulation politique. L'on peut constater que ceux qui se détachent ne sont pas sans ambitions pour les élections à venir et pensent donc se trouver une justification pour leurs échecs durant la gouvernance en cours, si pas leur complicité à plusieurs mauvaises ou fausses politiques. Il y a de quoi tirer sa leçon…

Ils iront d'exclusion en démission, mais l'essentiel n'est pas là. Pour qui démissionnent-ils ? Personne jusque-là n'a entendu l'avis des congolais sauf ceux mobilisés pour la cause de Joseph KABILA avec des moyens de manipulation mis en jeux. Faites gaffe ! ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com