Il aura fallu 48 heures seulement pour vivre une histoire inédite en République Démocratique du Congo. L’on s'en souviendra… Lundi  14 septembre 2015, sept partis politiques, pourtant de la majorité présidentielle, ont adressé une lettre au président de la république lui demandant de se soumettre au respect de la constitution. Ils dénonçaient collectivement ce qu’ils ont appelé « tentatives inavouées de ne prospecter la constitution, de décrédibiliser et de désacraliser les institutions sur lesquelles repose tout régime démocratique ».

-          Les effets corolaires

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Au moment où tout semblait relativement calme, sans compter le meeting de l’opposition qui a fait couler du sang à Kinshasa, un communiqué de presse circule annonçant l'autoxclusion de la majorité présidentielle du groupe de sept partis (G7) signataires de la dite lettre.  L’eau n’aura pas eu le temps de couler avant d’apprendre que le désormais ministre du plan et de la décentralisation, Olivier KAMITATU, lui qui a toujours été vu comme l’un des ministres « posés » du gouvernement KABILA, avait déposé sa démission au premier ministre. C’est véritablement un vent nouveau sinon celui de renouveau si pas révolutionnaire. Et que cela vienne de lui, ça s’explique. Mais d’autres sources renseignent qu’il y aurait eu de l’argent en jeu pour cette révolution.

Dans la suite des têtes qui tombent, Joseph KABILA a écarté un membre de son cabinet, Pierre LUMBU du parti Mouvement Social pour le Renouveau, le plus grand parti de la platefoerme présidentielle. En ce qui le concernce, il est accusé de « manquements graves au devoir déontologique auquel sont soumis les membres de cabinet du président de la République ». Comme pour faire le ménage, Joseph KABILA a vite nommé plusieurs personnalités comme conseillers principaux dont deux femmes seulement.

Les sept partis signataires déclarés auto exclus de la majorité présidentielle devraient-ils aujourd'hui être considérés comme de l'opposition ? C'est clair! Par cette décision, ce sont 78 députés poussés à se séparer de Joseph KABILA. On peut maintenant parler de la minorité présidentielle. Dans la journée du 17 septembre, au lendemain de ces révocations, l'on apprenait que d'autres démissions étaient en cours, notamment celle du vice-président de l'Assemblée Nationale, Charles MWANDO NSIMBA, dont le parti est compté parmi ceux du droupe dit G7.

 -          Et demain ?

Dans une démocratie dont les tenants dénoncent déjà les couleurs dictatoriales qui émergent, il y a à craindre. Quel avenir sociopolitique pour ceux qui font la différence ? Les premières analyses font déjà penser à un avenir incertain. Les responsables de ces sept partis seront-ils en sécurité et libres après leur engagement opposés ? Personne ne peut l’assurer, si on recourt à l’histoire du Congo à la RD Congo, via le Zaire. Laissons le temps voler…

Les morts ne sont pas morts ! Si cette scène rappelle l’histoire de 13 parlementaires au temps du Zaïre, c’est tout de même un vent nouveau au regard des habitudes de la dernière décennie de la politique congolaise dite "Kabiliste". La démarche d’Olivier KAMITATU et le soutien que le parti MSR apporte à Pierre LUMBI dénote d’un certain courage qui sort de l’ordinaire aussi bien en Afrique qu’en RDC. La roue tourne, attendons la suite avec les plus vieux loups qui ne se soumettent plus au pouvoir en place. Il faut un « un » pour avoir « deux » !  ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com