Qu'il est beau et bon de respirer de l'air frais et pur! Mais qu'il devient aussi difficile de le situer sur la carte du monde, et même celle de ma ville, Lubumbashi, en RD Congo. Il ne suffit pas de respirer, faut-il encore savoir ce que l'on respire! Il faut se refuser de voir plus loin que ses yeux pour ne pas percevoir cette teinture grisâtre dans le ciel de certaines parties de cette ville, ou constater des tranchées qui deviennent blanchâtre après une coulée d'eau venant on ne sait d'où. La scène n'est peut-être pas quotidienne partout, mais la réalité est là. Lubumbashi n’est plus saine...

Du ciel sombre dans la ville de Lubumbashi. **Photo: Etienne Ilunga

Des sacs par ci, des bouteilles par là ; le plastique habite parmi nous et la pollution suit le rythme. Et c'est en plastique que sont faites ces bouteilles de nos sodas, eau de table,… que nous abandonnons dans nos rues sans scrupule. Nous sommes tous pollueurs!

Dans les quartiers dits industriels, les maisons d'habitation côtoient des usines de toutes sortes et dont les machines tournent au quotidien. Normal pour un citoyen qu'un traitement du terril se fasse même dans sa maison familiale, pourvu qu'il en tire son pain. Dans des quartiers autour du centre commercial vivent ceux qui autrefois étaient les fournisseurs immédiats en légumes. Alors aujourd'hui, il faut un peu de chimie pour faire pousser du chou ou un pommier ici, de l'aubergine ou un oranger là. Elle est là la conséquence d'une pollution à grande échelle que Lubumbashi, cette ville congolaise, subit. Comme s'il ne suffisait pas de rejeter de la fumée dans la nature, les miniers se permettent d'y déverser également les eaux de rejet. Dans un quartier dominé par des personnes reléguées à l'arrière plan par les gouvernants et les bourgeois, l'eau de puits prend depuis quelques temps de la teinture blanchâtre, et on vit avec. C'est toujours à Lubumbashi, deuxième plus grande ville de la RD Congo. Ces misérables citoyens pourront toujours crier, mais leur eau est déjà polluée, pourtant ils s'en serviront encore longtemps.

D'un autre coté, ce sont les canaux d'évacuation des eaux de pluie que certaines entreprises ont choisi pour vider nuitamment leurs réservoirs d'acide toujours nocif. Certains habitants aussi ne connaissant aucune culture de poubelle, abandonnent partout tout déchet. Et pire, certains orientent dans les canalisations leurs fosses septiques. C'est l'odeur et la couleur qui restent témoin du forfait.

De jour comme de nuit, des minerais sont exploités et transportés de presque partout avec le regard tourné seulement vers l'argent. Dans toutes ces opérations, l'environnement est très peu ou pas pris en compte. Le basculement de l'équilibre écologique s'en suit et les moins avertis ou malchanceux s'en retrouvent  victimes très rapidement.

Dans d'autres partis de la ville, c'est de la pollution aux déchets ménagers. A Lubumbashi, les comportements écologiques responsables ne sont pas vulgarisés. Alors pour la plus part des habitants, tout ce qui n'est plus utile à domicile a sa place dans la nature. Il suffit de quelques jours seulement pour voir naitre des monticules sinon des champs de déchets parfois toxiques au milieu de la population. Par ailleurs, certains espaces sont déjà renommés pour les déchets qui y règnent, on dirait naturellement. Mais il faut être d'un certain niveau intellectuel pour évaluer les risques même quand on y peut rien changer.

Lubumbashi ma ville ne me rassure plus quant à la postérité. Nous sommes tous concernés, soyons responsables avec de nouveaux comportements écologiques et environnementaux. Car pour l’instant, nous sommes tous pollueurs, d’une manière ou d’une autre. ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com