La date du 16 juillet 2015 restera dorée pour les uns, un jour noir pour les autres. L'émotion était vive au moment d'adopter le rapport reconnaissant le démembrement de l'ex plus riche province de la RDC. Le processus avait assez duré et les impatients s'en ennuyaient déjà alors que les indécis vacillaient encore. Dans l'ex-Katanga, les adieux couronnés d'émotions ont accompagné les derniers moments d'une histoire, qu'on le veuille ou pas. Pendant la mise à mort du Katanga, seul Dieu sait combien ont mouillé leurs mouchoirs de larmes et combien étaient sincères.

Nouveau Visage du Katanga. *Phot: www.ipetitions.com

- "Dura l'ex, sed lex!"

Il était une fois une province insolemment riche dans un pays gigantesque. Ceux qui l'ont toujours sucée ne pouvaient accepter de s'en séparer. Pourtant, c'est à cela que la loi les obligera, et ils l'admettent. Viser la gouvernance rapprochée et le minimum de progrès a donc justifié, entre autres, ce découpage. Ils sont nombreux à s'y être opposées, mais dura lex sed lex.

Le dernier président du dernier parlement du Katanga, Antoine-Gabriel KYUNGU WA-KUMWANZA, n'était plus qu'un exécutant. On se croirait aux années 90. Comme feu #Mobutu lâcha du lest devant les envies naissantes de la démocratie, celui qui s'appelait "Père du Katanga" (Antoine-Gabriel KYUNGU WA-KUMWANZA) n'aura trouvé des mots que pour soutenir le découpage qu'il avait tant voulu éviter. De la mort du Katanga sont alors nées quatre nouvelles provinces. N'en déplaise aux conservateurs!

"Comprenez mon émotion", une phase du passé devenue plus qu'actuelle. C'est parmi les dernières paroles d'un "Père" ému qui cède son "Katanga" à des personnes qui ne s'y attachent presqu’en rien.

- "Il faut savoir partir" et "Tout le monde doit respecter la loi"... Véritable sagesse de vieux loups !

Il y a un temps pour tout, tout pour un temps. S'il en est une phrase qui a marqué les dernières heures du dernier gouverneur du Katanga, on retiendra: "Il faut savoir partir". Dans ses relations visiblement en chute libre avec le pouvoir présidentiel, Moïse KATUMBI savait quel choix convenait le mieux. Fini ses passe-passe de sondage populaire sur sa reconduite exprimée par de fausses envies de quitter le pouvoir. En ce temps là, le découpage du Katanga n'était encore que simple texte, et il n'avait jamais été en accord avec sa concrétisation, comme il l'avouera d'ailleurs seul dans ces derniers propos d'après le découpage.

Mais aux yeux de tout analyste, le fameux "Il faut savoir partir" de Moïse KATUMBI ne concerne pas que lui. Tout ceux ayant gouverné avec lui, même le chef de l'Etat, doivent savoir partir. Pas d'ironie, il s'agit d'un appel au respect des lois.

Au même moment, à l'heure de prendre acte du rapport de la commission sur le démembrement du Katanga, le dernier président du dernier parlement Katangais a tenu à rappeler que tout le monde était démissionnaire, y compris les plus hauts placés. "Nous devons respecter la loi,... tout le monde doit respecter la loi". Précisons que dans tout le monde, il y a vraiment tout le monde.

Ce n'est pas de bonne joie que les ressortissants du nord du Katanga devront rejoindre leurs origines, considérant les défis, mais ils doivent partir. De toute façon, ce n'est en rien nouveau. Faut-il rappeler que le Katanga, il y a 26 ans, était coupé en Nord et Sud, deux parties hostiles! L'histoire s'est répétée mais en termes de provinces, en plus, quatre vraies provinces.

- Et les défis pour repartir

S'il faut savoir partir, il convient aussi de savoir commencer. Le Haut-Katanga où est restée la ville de Lubumbashi, le Tanganyika avec la ville de Kalemie, le Lualaba avec la ville de Kolwezi et le Haut-Lomami avec Kamina sont les quatre nouvelles provinces nées du vieux Katanga. Mais tout le monde est d'accord que, dans la plupart de cas, les infrastructures seront le plus grand défi. Au Haut-Lomami, l'état des lieux fait bien plus peur qu'ailleurs. Un état simplement piteux.

Il faudra du temps, de la patience, des fonds et de bons hommes aux bonnes places pour affronter les défis. Les hôpitaux, les écoles, les routes, les banques et les télécoms, il en faudra particulièrement. Mais avant tout, faut-il d’abord organiser sérieusement les élections

Coté hommes, il faudra faire face au tribalisme. Il y a 26 ans, le nord et le sud du Katanga ne pouvaient envisager une cohabitation, et cette peur renait. Pour preuve, les derniers dirigeants du Katanga venaient d'inauguré un monument dit de l'identité Katangaise. Les quatre personnes qui le composent représentent les quatre nouvelles provinces qu'on veut solidaires. Ce ne sont pas les Katangais qui ont été divisés mais le Katanga, dixit Antoine-Gabriel KYUNGU WA-KUMWANZA, obligé de rejoindre le nord.

Emotion, amertume, joie, haine,... divers sentiments ont accompagné les derniers moments du Katanga. Le train est en marche! D'ici là, les nouveaux gouverneurs seront élus mais la légitimité des électeurs désignés fait douter, sans compter les pressions que la CENI pourrait subir. Adieu le Katanga, bon vent aux nouvelles provinces. ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com