Au sujet du Katanga, il y a de quoi parler d'une province riche, en effet, mais  pour beaucoup, l'espoir est déjà mort. Le Katanga, cette province à la taille d'un état rassemble suffisamment de superlatifs. Pour la RDC, il s'agit de la province la plus riche du pays, mais pas seulement. Elle est aussi la province où les enfants ont le moins accès à l'école. C'est aussi la province où la prévalence en VIH/SIDA est la plus élevée du pays. Et comme pour confirmer la peine, quelqu'un me dira que le Katanga est aussi la province des congolais les plus fourbes et indécis.

Un Bâtiment scolaire à Lubumbashi, Katanga. **Photo: FideleBlog

Eh oui, la vieille province du Katanga désormais divisée en quatre nouvelles provinces, est orgueilleusement riche. Tellement riche que certains Katangais sont convaincus que sans leur province vaine est la RDC. Pourtant les experts affirment que les minerais qui font la richesse du Katanga sont plus pillés qu'ils ne servent véritablement à la caisse nationale, bien qu'ils tiennent une bonne part.

Il n'est pas plus faux que vérifiable l'affirmation d'un assez faible taux de scolarité des enfants dans cette province. Ici, l'eau va davantage à la rivière. On peut bien parler d'une riche province, tant dans le bien que le mal.

Mais bien que riche, des milliers des familles du Katanga peinent à vivre. C'est de rejets de leurs propres tables qu'ils se nourrissent. En effet, le maximum des concessions minières étant entre les mains des expatriés qui ne visent souvent que leurs intérêts, il n'y a pas d'espace pour les pauvres autochtones. Adieu le droit à la terre. Cela étant, les enfants finissent dans des mines et carrières à ramasser ce qu'ils peuvent pour nourrir leurs familles pauvres. Le phénomène a pris de l’ampleur que plusieurs familles ne survivent plus que grâce à cette pratique. Et dire qu'on peut mettre fin au travail des enfants!

Dans les milieux urbanisés comme Lubumbashi, la vie n'est pas rose, non plus. Ici, ce sont ces enfants qui vendent beignets, cacahuètes, eau, fruits,...des journées durant pour soutenir leurs familles toujours délétères. D'où le faible taux de scolarisation des enfants Katangais. En 2015, le phénomène s'est accru avec l'incendie de plusieurs écoles dans le nord de cette province suite aux conflits ethniques qui ruinent les populations Pygmées et Bantous, faisant plus de 4 600 élèves sans écoles. Du coup, des milliers d'élèves ne peuvent plus finir l'année scolaire.

De l’autre coté, venant de l'Afrique australe principalement, de milliers de conducteurs de camions rentrent en RDC par le Katanga. L'occasion faisant le larron, la chance sourit aux misérables jeunes enfants Katangais. Au nom de la pauvreté, jeunes, femmes et enfants échangent du sexe contre de l'argent, les chauffeurs étant les meilleurs clients aux frontières. On ne s'étonnera pas que le Katanga connaisse une prévalence (très) élevée en VIH/SIDA, causée par la misère autour de la richesse.

C'est bien un contraste évident que dans la province la plus riche de la RDC on trouve autant de taches noires socio-économiques. Insuffisamment d'écoles, d’hôpitaux ou encore de revenus pour les autochtones, pourtant sur leurs terres s'enrichissent les expatriés. Dieu seul sait, mais pour beaucoup, l'espoir est déjà mort. ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com