Elle pleure ici, elle rit là-bas, l'Afrique saigne et suinte. Elle traverse une période importante de son histoire. Après les soleils des indépendances, nous assistons aujourd'hui à un nouvel éveil rythmé par des soulèvements populaires, des manifestations encore sanglantes comme dans les années 60. J'appelle cela "style colonialiste afro-africain." Et quand la brèche est ouverte, l'occident s'en mêle et l’Afrique se déchire : Nous vivons la réalité ici, on nous affirme l'inverse là. Qui vit la réalité !

L'Afrique jamais en Paix.*Photo : pleuredafrique.skyrock.com

La tendance est tournée vers la recherche de la paix, l'enracinement de la démocratie, mais les voies pour y parvenir sont contraires aux désirs énoncés. Et finalement : c'est quoi la démocratie, c'est quoi la paix? Ces deux maîtres-mots qui rythment les discours de nos gouvernants trop tendancieux ne sont plus que des leurres. Ma terre est-elle maudite ? Je peine à l'imaginer, mais finalement on dirait que oui, parlant des hommes.
Et si j'étais président! Sûrement je ne serai pas comme Pierre NKURUNZIZA ni comme Denis SASOU NGUESSO, je serai différent d'Abdelaziz BUTEFLIKA. Sûrement je ne serai ni Joseph KABILA ni Paul BIYA, ni Paul KAGAME ni…, j'aurai été Nelson MANDELA ou Léopold S. SENGHOR, Thomas SANKARA ou Julius NYERERE. Finalement, il n’ya pas que des monstres en Afrique, mais les meilleurs sont passés.
- Que demande le peuple ? -
Le musicien congolais Félix WAZEKWA a chanté : Le peuple veut à boire et à manger, l'éducation et les soins de santé ! Il semblait répondre à sa propre question : Que demande le peuple ? Mais je pense que l'Africain ne sait pas encore ce qu'il veut. Dans un même pays, on voit des citoyens qui, on le croirait, vivent sur deux planètes différents. Alors qu'ils traversent les mêmes conditions, supportent les mêmes hommes, vivent le même enfer,... malgré tout ils ne peuvent faire front commun mais savent se vendre, se trahir.

Monsieur le président, lui dont on admet qu'il viole la constitution, qu'il marche sur les Droits de l'Homme, a toujours des partisans, une foule de supporteurs toujours prêts à tuer leurs frères qui tentent de s'attacher aux valeurs humaines et républicaines. Et le soir sur la terrasse du coin, ils rassemblent à nouveaux et tentent de se baratiner voire se taquiner les uns les autres en faveur de leurs camps respectifs, mettant en avant les avantages qu’ils ne défendent jamais ensemble puisque souvent personnels.
- L'Afrique est un pays ! -
Il faut toujours qu'il y ait une bonne raison pour la plupart des occidentaux pour nous identifier par pays. Ils parlent de nous en termes d' "Africains", comme si l'Afrique était un pays. Mais s'ils le font sans y penser, ils n'ont pas toujours tort. En Afrique, nous avons autant de manières en commun, nous commettons les mêmes erreurs, nous conservons la même mentalité,... qu'on penserait que nous ne sommes qu'une nation, et c’est possible mais cela ne fait pas de nous un peuple. Tenez : Le Rwanda est sur le chemin de modifier sa constitution pour un troisième mandat de Paul KAGAME alors que ce dernier préconisait, il y a peu, à son homologue Burundais de quitter le pouvoir.

Il devient rare qu'on parle des problèmes congolais que des problèmes africains. Simplement parce que nous sommes vus comme un tout, sans prendre en compte nos spécificités qui se raréfient. Mais non, l'Afrique n'est pas un pays, elle ne mérite pas ce nom.
Je pleure pour les plus grands perdants d’entre nous. Ce sont ces jeunes africains qui n’héritent de rien mais à qui l’on confie la mission de redémarrer la vie sur le continent sans les initier à rien de valeureux sinon la persistance dans le mal. Au sud comme au nord du continent, les dirigeants pensent pareil, et les citoyens réagissent rarement différemment. ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com