Quatre jours autour de la paix, quatre jours pour imaginer un monde nouveau. Des jeunes venus de la Zambie, du Kenya, de l'Afrique du Sud et de la RDC se sont retrouvés dans la ville de Lubumbashi, du 20 au 23 avril dernier. Mus par le souci de vivre dans un monde pacifié, ils se sont donné rendez-vous pour parler de nos différences qui sont une force pour la paix, en plus de la contribution de la jeunesse à la bonne gouvernance. C'était sous l'initiative d'une ONG dénommée MJDD, militant pour la dignité et le développement.

Quelques participants étrangers et congolais à la formation sur la Paix à Lubumbashi (RDC), avril 2014. *Ph.: FideleBlog

Les jeunes sont la fleur d'aujourd'hui dont on cueillera le fruit demain. Il faut donc s'investir dans la prévention contre tout ce qui empêcherait de manger de ce fruit. Et la paix, ce n'est pas qu'une aspiration, c'est une vie, un comportement. Jeunes, les humains doivent reconnaitre qu'ils portent l'espoir de demain, que la paix c’est eux.

Au cours de ces journées, il s'est révélé un appel à un engagement encore plus mûri de la jeunesse dans les combats pour la paix. Venue d'Afrique du Sud, Thumeka MSHUKWANA, 21 ans accomplis, nous a rappelé que les combats qui nous attendent ne doivent en aucun cas et pour aucune raison être sanglants. Il ne s'agit pas de lutter contre nos gouvernements respectifs, mais contre leurs extrémismes, leurs radicalismes. Il s'agit de lutter pour amener nos gouvernants à marcher avec nous, à prendre en compte nos pensées. C'est cela la lutte de la jeunesse.

Lutter pour la paix ne doit pas nous pousser à croire qu'il est possible un monde sans conflits, mais un monde sans guerres, c'est possible avec la nouvelle jeunesse que nous voulons activiste. Chacun de nous a un rôle à jouer pour la paix dans le monde.

De la Zambie, Grace KAPUTULA, jeune officier dans la police zambienne, nous a donné sa leçon, comme notre amie sud-africaine : les luttes des jeunes ne valent rien si elles sont menées en solo. La jeunesse aujourd'hui a besoin d'unité, d'avoir une vision unique, des objectifs communs, de l'unité dans la diversité. Venu du Kenya, Kingsley NYANDIKA, nous a fait comprendre que nous sommes multiples et différents, mais nous sommes une Afrique, un monde, tous humains. Si nous nous reconnaissons comme tels, nous lutterons pour le bien commun, à l’exemple des jeunes de son pays après les conflits post-électoraux de 2008. A leur tour, aux jeunes congolais de faire noter que de nos différences peut naitre une force tranquille pour la paix et la bonne gouvernance.

Parlant de la participation de la jeunesse à bonne gouvernance, l'on voit encore rouge. En RDC, les jeunes ne sont pas assez pris en compte dans la gestion de leur pays. D'où la recommandation à faire de la politique pour la jeune une loi. La retraite n'étant plus du lot des congolais, des vieilles personnes occupent les places des jeunes dans les entreprises publiques, en particulier. Mais en Zambie, il existe 11% de jeunes au parlement, avec une chaîne de commande permettant de ramener les problèmes des jeunes jusqu'aux décideurs. Mais globalement, nos pays n'ont pas assez progressé, ont reconnu les jeunes.

S'agissant de l'emploi des jeunes et de la femme, ils s’avèrent que c'est de là que vient l'esprit révolutionnaire. Dans nos pays, les femmes et les jeunes demeurent une force non exploitée, des potentialités laissées en veille. De là se développe le chômage chez ces personnes qui finissent par constituer un obstacle au développement. Dans des pays comme l'Afrique du Sud, le recours à la main d'œuvre locale a diminué au profit des expatriés peu coûteux parfois clandestins, ce qui d'ailleurs aurait suscité les récentes manifestations dites xénophobes dans la ville de Durban. C'est cela « récolter la tempête, quand on sème le vent ».

En tout et pour tout, la jeunesse est un ensemble d'atouts, une mine inépuisable. Mal utilisée, elle peut bouleverser le système politique d'un pays, mais cela n'est pas notre mission. Intégrée, elle peut être la basse de plusieurs changements, de plusieurs mutations positives dans la gestion d'une nation et sa pacification. L'égoïsme politique demeure un frein, mais une bonne diplomatie non agressive est encore possible.

Très chers jeunes, sans penser à votre sexe ni à votre propre personne, vous avez l'obligation de définir la marche du monde à venir, à partir de maintenant. Personne ne viendra vous chercher, vous devez militer, exiger (s'il le faut) votre place car il n'existe pas un monde pour vous, séparés des autres. Pour la paix et la bonne gouvernance, soyez le changement que vous voulez voir le monde, pouvait vous Gandhi. ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com