En République Démocratique du Congo, le gouvernement ne dort plus, enfin. C'est en tout cas ma conclusion après la renonciation du pouvoir à l'aide militaire de l'ONU à l'armée congolaise dans la traque contre les Rwandais du #FDLR. Entre l'ONU et Kinshasa, on peut parler d'un torchon qui brûle, le climat étant morose depuis peu. Pourtant la même ONU va financer les élections prochaines en RDC. C'est du vrai vrai noir et blanc.

Casques Bleus Tanzaniens -Ph. : www.lemonde.fr

Les massacres et toutes les guerres meurtrières subis par les congolais depuis une vingtaine d'années ont suffisamment anéanti la nation congolaise. Décider aujourd'hui de renoncer à l'apport de l'ONU à travers sa mission en RDC est pour moi une grosse erreur. Si nous étions assez forts toutes ces années, il aurait été plus significatif de renoncer à ce soutien plus tôt. Qu'est-ce que c'est renoncer à cette aide au moment où l'aide n'existe plus ? N'est-ce pas une forme de vain orgueil d'un faible complexé, incapable d'assumer ses limites et incapacités. La RDC est un État souverain, j'en conviens fièrement, mais on ne doit pas l'affirmer pour justifier nos échecs décisionnels et politiques.

- Rappel Contextuel

Il y a peu, le pouvoir de Kinshasa a résolu de placer à l'Est de la RDC deux nouveaux responsables militaires pour conduire la branche de l'armée qui s'y trouve. Dès l'instant de leur nomination, l'ONU s'y était opposée. Les deux responsables militaires étaient depuis longtemps soupçonnés d'atteintes aux Droits de l'Homme. La communauté internationale a, non pas demandé mais exigé à la RDC d'annuler la nomination de ces responsables, sans quoi elle arrêterait tout soutien dans le combat contre les rwandais du groupe FDLR. Un ultimatum de deux semaines avait été donné comme pour presser Kinshasa à obéir, mais sans effet car la nomination n'a pas été annulée. C'est alors que l'ONU a appliqué sa décision, à Kinshasa de défendre seul son territoire face aux agressions étrangères. Une utopie !

- Les questions des Congolais

Un petit rappel : la RDC est le premier pays africain à avoir reçu les casques bleus sur son territoire peu après son indépendance, premier signe de faiblesse. Depuis le début du 21ème siècle, la RDC est un pays instable et seuls les casques bleus ont pu aider l'armée à presque contrôler le territoire national sans y parvenir réellement. Que le président Joseph KABILA décide aujourd’hui de renoncer à l'aide de l'ONU, c'est vraiment refuser de reconnaitre que le pays a encore besoin d'elle.

Aujourd'hui le peuple s'interroge : A qui ça profite de faire durer la guerre en RDC ? Kabila a-t-il choisi ou a été poussé à cette prise de position ? Le 19 janvier dernier, Eduardo Dos SANTOS (président Angolais) a été reçu par Joseph KABILA à Kinshasa pour la signature d'une série d'accords entre la RDC et l'Angola. Y a-t-il eu plus que ces accords sur table ? On se souviendra que l'Angola n'a plus de casques bleus sur son territoire et on tend à montrer que ce pays a moins d'ennuis depuis. Est-ce là la nouvelle démarche pour la RDC ?

- Ce que je crois

Je n'ai jamais soutenu la plupart des attitudes de la communauté internationale envers le « tiers monde » ni dans la résolution des conflits au monde. Il suffit de regarder la situation de la Syrie ou le Mali, la Libye ou l’Egypte, la Tunisie ou le Soudan,… Oui, la RDC est un pays souverain et indépendant mais elle a encore besoin de l’autre monde. Les puissances du monde qui se posent à la place de la communauté internationale ont tendance à se poser aussi en maîtres de la planète en vivant des moyens des pays dits pauvres, et c’est ce monopole qu’elles ne veulent pas perdre sur ces pays comme la RDC. S’opposer à cette manipulation, c’est bien beau mais pas quand on n’a plus le choix. C’est pourtant ce que vit la RDC aujourd’hui. ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com