Vivement le mariage pour ces filles qui ont dépassé leurs 17 ans, et toute suite si on a eu la chance de poursuivre ses études normalement. Mais la vision du mariage pour elles est le reflet des rêves du quotidien. A la place de donner un sens et vivre leurs rêves, elles rêvent leur vie. "Je n'épouserai jamais un homme qui n'a rien!", c'est ce qu'on entend souvent d'elles à Lubumbashi, la ville cuprifère de la RD Congo. Et cette phrase, m'a sonné.

Les rêves des filles, utopie de la vie ! (Illustration)Si la classe moyenne existait dans mon pays, j'y appartiendrais sûrement, comme ces plusieurs autres hommes normaux, pas aussi prétentieux que ça. Malgré tout, j'aurais eu du mal à trouver une femme qui ne vise pas l'extrême. Mais voilà que ces filles, rêveuses qu'elles me paraissent, vivent en tête leur mariage avant l'âge. Avant la majorité, c'est clair que la fille de chez-nous ne s'interroge souvent pas sur les critères de sélection de son futur conjoint. Les adultes, elles, se définissent des critères associés aux variables (beauté -bien que ça compte-, l'argent, l'influence,...) qu'au sens de l'amour et celui de l'homme à épouser s'efface. Et parfois le sexe s'en mêle.

En effet, qu'est-ce que c'est un homme, futur mari, qu'on définit sur base de matériels ou de l'argent. Mais il semble que les femmes pensent généralement pareil, bien que cela ne paresse pas toujours vrai. Alors aujourd'hui, existe-t-il toujours des couples unis par l'amour ? Peut-être OUI, mais combien unis par le vrai Amour ? Et pour combien de temps...

Les religieuses sont de moins en moins nombreuses, le mariage étant devenu l'idéal, mais sans raison, pour la plupart des filles. Et l'Africain, médiocre ou à la limite, a aussi développé l'idée qu'avoir plusieurs filles garantit un bon retour sur investissement. Et pourtant souvent les pauvres sont mises au bas de l'échelle. D'où cette ruée vers le mariage comme une fin en soi, si seulement. A peine la poitrine de sa fillette se transforme, maman lui dit déjà qu'elle est désormais une femme, prête pour le mariage, pour un homme. Une folie, à mon avie :

Le comble, c'est dans nos villages où le mariage porte le sens de la vie pour plusieurs familles et filles. En ville, la tendance est la même, à quelques différences près. Cependant, dans les familles où étudier est primordial, se marier n'est plus prioritaire, contrairement aux familles prolétaires.

Dans une discussion avec une fille, diplômée d'université :

Et maintenant que vous avez fini vos études, c'est quoi votre nouvelle orientation ?

- J'attends mon mari.

Il est où ton mari ?

- Qu'est-ce que tu crois, Dieu me l'enverra, c'est sûr.

J'y crois, mais avant cela ?

- Bon, on verra, je ne pense à rien pour le moment.

Et voilà comme plusieurs filles n'ont qu'un seul plan après leur parcours scolaire : le mariage. Certaines ne finissent même pas leurs études, convaincues que quelque part il y a des hommes qui étudient pour elles. D'autres encore, pressées par l'envie de se marier, choisissent d'interrompre leurs études pour le mariage, avec espoir de poursuivre plus tard ou même jamais, malgré le risque. Et c'est une véritable utopie dans la plupart des cas.

Dans l'autre sens, plusieurs filles n'ont plus trouvé de « preneur », et c'est la galère. Pleines de caprices, avec un langage qui ne retient personne autour, les hommes ne les supportent plus. C'est d'elles qu'on entend ce type de phrase : "Je n'épouserai jamais un homme qui n'a rien." Elles ont grandi dans des familles nobles, elles définissent alors leurs futurs époux sur base de leurs pères. Inversement, elles sont peut-être de familles "pauvres" et pensent les enrichir en épousant un homme "riche". Conséquence : nous comptons des couples où les conjoints sont liés par les biens que par leurs cœurs, autant que se multiplient les filles qui manquent de sortie. Alors, parmi les plus "sages" d'entre les pauvres ou riches, se faire épouser par les hommes de leur classe sociale.

On voit alors des femmes et des hommes qui restent mariés pour l'honneur, bien qu'au fond ils sont séparés, s'ils ne peuvent divorcer. Moi pour qui le mariage fait partie de la vie sans devenir la vie elle-même, je me demande où l'on va.  ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com