Je me demande c'est à qui la responsabilité ? Les enfants des rues, je suis encore obligé d'en parler, et pire, d'en parler aux sourds. Partout au monde, il y en a de milliers qui végètent, seuls sans soutien, seuls rejetés et oubliés de tous, seuls livrés aux intempéries saisonnières et aux indifférences humaines. Et tout ce qu'ils peuvent avoir, c'est une Journée, pas une compassion. Je ne suis peut-être pas assez confortablement installé, mais je NOUS trouve injustes envers eux.

Un Enfant de la rue en Afrique. *Ph. : unicef.frLe comble chez-nous, c'est qu'on devrait bientôt parler d'adultes des rues, si on hésite encore. Certains enfants qui ont passé le meilleur de leur existence sans abri sont aujourd'hui adultes et demeurent des rues. Rien d'étonnant qu'ils deviennent une menace pour tous, voire pour eux-mêmes.

Pour ma ville, autant que pour toute la RD Congo, la situation me semble spécifique. Ils sont sûrement des milliers aussi, mais le pire c'est que nombreux sont soumis à ces conditions par leurs propres familles. S'ils ne sont pas accusés de sorcellerie et renvoyés de chez-eux, ils subissent des traitements inhumains, ils sont de familles pauvres ou ils sont rebelles et insoumis qu'ils ne peuvent plus cohabiter avec personne au point de ne trouver place que dans la rue. Par ailleurs, on ne négligera pas l'impact du taux d'alphabétisation des enfants en âge scolaire ici comme partout en Afrique. Je me réserve de citer la très chère et populaire pauvreté.

Alors aujourd'hui, c'est la Journée des enfants des rues ! Qui a dit qu'ils en avaient besoin ? Je n'en crois pas mes yeux comme la communauté internationale peut être quelques fois sauvage, que dis-je, égoïste. Dieu merci, je ne crois pas en son existence. Combien d'entre nous s'arrêtent pour eux quand ils viennent à notre rencontre ? Comment réagissons-nous à leurs cris, si ce n'est souvent que par mépris et dédains ? Et si vous et moi étions à leur place, nous contenterions-nous d'une simple journée ? Nous ne sommes pas justes.

C'est drôle, je n'espère même que le monde sera encore plus juste qu'il ne l'est aujourd'hui. Je me souviens d'avoir connu un monde plein de gentillesse, mais il n'existe plus. Inégalités ici, injustice là-bas, indifférence ailleurs, c'est le monde aujourd'hui. Et nos rues se remplissent d'enfants, souvent innocents. Et ce pour longtemps encore...

Nations-unies, mais unies pour qui ou quoi ? La fraternité universelle, c'est donc ça. Une absence totale de cœur chez ceux-là même qui appellent à un seul monde pour tous. Là alors, je suis fraternellement déçu. Mais agissons, s'il vous plait, pour réduire les enfants des rues. A chacun de jouer sa partie, on peut encore le faire... ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com