J'aimerais savoir où finit le délire, où commence la réalité, mais ce n'est pas pour bientôt. La peur que j'ai en observant comment la détermination des citoyens du Faso nous a arraché nos admirations, c'est que les efforts du peuple pourraient avoir été détournés et corrompus. Leur président, Blaise COMPAORÉ, malgré la pression de la rue en colère, persistait de ne quitter en aucun cas le pouvoir avant la fin de son mandat. C'était sans compter avec l'engagement des Burkinabés parmi lesquels il a tué une trentaine le 30 octobre 2014. L'armée annonçait le même jour la dissolution du parlement après celle du gouvernement. Et le lendemain, c'est le président qui lâche du leste et annonce sa démission de bon gré.

Manifestants au Burkina. *Ph : francetvinfo.frDès la première minute de sa démission, je trouvais déjà cette manœuvre assez suspecte pour être de bon cœur. Maintenant que le pouvoir est entre les mains de l'armée, je crains le pire : qu'elle ne veuille plus rendre au peuple ce pouvoir pour lequel il s'est battu. Et là, l'issue des élections ne rencontrera pas ou jamais le choix des citoyens. On a le cas de la Birmanie ou encore de l'Egypte. Que le président ait choisi le chemin court, c'est bien beau, et je salue la force de son geste qu'il fallait oser. Mais est-ce vraiment pour sauver le peuple ou sa peau qu'il a fait cela ? Je m'en doute ! Dans tout cela, je cherche la main de l'occident, je pense qu'elle y est certainement.

Si l'occident n'y est pour rien, il me reste une piste : Et si l'armée était complice du président. Ce dernier feint de démissionner, pourtant il a passé malignement le pouvoir aux militaires. Rappelez-vous que les manifestants accusaient les représentants de l'armée d'être très proches du président. Mais dans le cas où je me tromperais, le peuple aura gagné.

Comme Blaise COMPAORÉ, ils sont nombreux et s'appellent "Chef de l'État" depuis près de 30, 20, 15 ou 10 ans, dans des pays où les constitutions autorisent deux mandats maximum pour en général 5 ans par mandant. Ils ont maintenu dans l'ignorance des peuples qui les ont portés ou presque portés au pourvoir. Et comme l'histoire de l'épée et du fourreau, ils ont appris à retourner leurs lames contre nous au milieu de qui ils se cachent pour nous ronger, nous ruiner de l'intérieur. Hantés par la peur de perdre et l'avarisse du pouvoir, ils nous poussent à l'extrême. Mais le Burkina est un pays habité par un peuple, un vrai et réel peuple qu'on ne trouvera pas bientôt ici. Pourtant il peut plutôt avoir perdu !

En RDC, les citoyens, incapables d'être un peuple, n'ont pas encore réussi à prouver leur désaccord à la révision constitutionnelle qui implique à coup sûr la révision du nombre des mandats du président. Pourtant, on le vit dans des débats, ils sont nombreux qui s'y opposent, mais ne peuvent encore faire « un » pour marcher ensemble et parler unanimement. Si l'opposition politique n'y est pas encore parvenue, la société ne fait pas mieux, et Joseph KABILA peut se vanter aux cotés de ses « acquis ». Et nous, les indignés congolais, on réfugie nos angoisses, stresses et peurs dans l'espoir qu'on partage notamment par le blogging. Pourvu qu'on nous lise !

Serons-nous surpris cette fois ? Bien sûr, comment souvent, mais de quelle façon ! En tout cas, le peuple Burkinabè, lui, a réussi à me surprendre le mieux du monde. En voilà des modèles. On a encore en mémoires la manifestation qui avait fait massacrer des chrétiens sous Mobutu au Zaire...on est encore capables ! ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com