On est Journaliste, on a aussi plus de chances de mourir que de vivre de son métier. Nous ne méritons pourtant pas cela en récompense. Ou alors doit-on redéfinir le métier et le rôle social des journalistes ? Le journaliste est un humain, il a droit à la vie, une vie paisible et sécurisé. Un bon journaliste est un journaliste vivant, nous disait le professeur Kasongo MWEMA Y'AMBAYAMBA.

 

Pas que vous servir, mais bien vous servir. *Ph. journalismesinfo.frCes acteurs politiques, les yeux gros que leurs têtes, feignent de promouvoir l'accès de tous à l'information et la protection des professionnels des médias, pourtant ils nous poignardent toujours dans le dos. Nous sommes tués sauvagement, emprisonnés ou incarcérés, enlevés ou torturés,... et à tout cela, les politiques et les politiciens sont toujours mêlés. Ils peuvent remercier le ciel parce que désormais des rebelles s'associent à eux pour mieux nous rayer de la carte.

Il y a un an, deux journalistes français de la RFI se faisaient assassinés en exercice de leur métier au Mali, Ghislaine DUPONT et Claude VERLON. De là est née la journée internationale contre l'impunité des crimes contre les journalistes pour chaque 2 novembre. A la base, l’ONU aurait constaté la mort de plus de 600 journalistes tués à travers le monde durant les dix dernières années. Fallait-il que des journalistes occidentaux soient comptés ? Une chose est certaine, deux morts sur des milliers, connus et inconnus, ont donné le coup à la mobilisation du monde contre l'impunité des crimes subis par les journalistes que nous sommes.

Si en RD Congo l'ONG Journaliste En Danger -JED- se démène à fournir des statistiques relativement claires, dans certains pays du monde, nul ne sait combien de journalistes subissent quel crime. Dans d'autres pays par contre, la profession des journalistes s'exerce sans embuches spécifiques sinon contextuelles mais malgré tout les professionnels sont toujours sous pression.

Lorsqu'un journaliste est tué, ses bourreaux prétendent que la victime était là qu'il ne fallait pas, au mauvais endroit au mauvais moment. Peut-être vrai, mais eux alors, le journaliste les trouve-t-il au bon endroit et dans les bonnes affaires ? Et la vérité, le droit des citoyens à l'information, la liberté de la presse, le libre accès aux sources d'informations, la protection des journalistes,...on s'en moque. D'abord les intérêts égoïstes, l'information après ou pas. Ah non, personne n’a ce droit.

Au bout du compte, le journaliste semble plus menacé pour son métier que tous les professionnels d'autres domaines. Ils veulent qu'on dise la vérité, mais selon qu'ils nous la définissent. Ils nous appeler à socialiser les citoyens, mais selon leurs visions souvent égoïstes. Et nous alors, combien font-ils ce que nous leur demandons au nom de ces peuples. Quatrième pouvoir, peut-être, mais les médias sont chaque jour descendus de leur piédestal, piétinés par ceux qui prétendent en assurer la protection et la promotion.

Les dernières statistiques de l'ONG Reporters Sans Frontières -RSF- peignent un tableau piteux de l'exercice du métier des journalistes dans le monde. Des pays et des groupes armés continuent à lister les journalistes non comme des partenaires mais comme des personnes à abattre. On se souviendra du récent triste sort de James FOLEY ou encore de Steven SOTLOFF.

Si la Finlande, les Pays-Bas et la Norvège s'affichent en bon élèves en matière de la liberté de la presse, l’Erythrée quant à elle, a choisi la place de la meilleure mauvaise élève, loin de mon pays, la RD Congo, qui se place à la 151ème place. Morts pour leur métier on dénombre 56 journaliste alors que  177 journalistes  emprisonnés, sans parler des autres victimes des tortures ou les portés disparus.  Mais en tout cela, qui perd ou gagne quoi ?

Si pour la vérité, la liberté et pour vos égoïsmes nous devons mourir, alors allez-y, car nous sommes là et nous comptons y rester et accomplir nos devoirs. Vous avez peut-être réussi à détourner quelques pseudo-journalistes, mais les vrais engagés restent débout et ne vous laisseront pas faire. Je ne vous déclare pas la guerre, je vous demande de nous laisser vivre. ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com