Lubumbashi, une ville métropolitaine de la RD Congo, en pleine croissance. On y nait plus qu'on y meurt, mais on pense plus fournir davantage d'espace pour les cimetières que construire des maternités viables et fiables. L'État n'a pas de moyens pour ça, c’est sûr ce qu’on vous dira! Comme des chambres d'un hôtel, nos cimetières vous offrent des espaces selon vos moyens. Pas de risque que riches et misérables se croisent dans nos cimetières, et ce n'est pas sans prix! Ça se passe ainsi partout.

Dans un cimetière de Lubumbashi. *Ph. radiookapi.netEn voilà un fait peut-être anodin pour vous, mais qui m’a poussé à ce post... Quelqu'un est malade, ses frais de soin s'élève à environ 20 USD, mais sa famille ni lui ne pouvant s'en procurer, le patient est décédé. Triste réalité, en effet, mais il est mort. On ne sait pas l'enterrer ce jour-là, alors on le loge à la morgue, et des frais de trop. Les démarches pour l'inhumation on commencé, et la facture de l’hôpital n’est pas encore réglée... Trois jours passés, on peut enterrer. Mais les services urbains appropriés ont exigé à la famille près de 500 USD pour l’espace souhaité, sachant qu'il y a des espaces encore trop chers. - On leur parlait de la moyenne des prix. - La famille s'est endettée, tout s'est bien passé. Quelques mois plus tard s'ouvre un procès, puisque la famille ne pouvait payer sa dette. Une réalité de ma ville…

Mes enquêtes révèlent que Lubumbashi offre ses terres entre 100 et plus de 1000 USD, dans les cimetières acceptables. Et je m'interroge : « Si quelqu'un est mort pour manque de 20 USD de soins médicaux, sa famille saura-t-elle lui garantir un espace pour sa tombe ? » On s’en passe ! J’interroge alors un confrère à Bukavu, puis un autre à Kinshasa. Selon le premier, la ville de Bukavu offre même des espaces gratuits aux démunis, et la vente des terrains s’ouvre avec 30 USD, en moyenne. A Kinshasa comme partout, tout dépend des cimetières, mais la moyenne y serait de 200 à 2000 USD. Le cas de Lubumbashi n’est pas spécial donc !

Sans juger, c’est tout de même injuste. Le plus triste c’est de constater que dans les mêmes où tout est cher, tout est aussi saturé. Mon confrère Didier MAKAL parle des morts qui délogent les morts. En effet, il est fréquent d’acheter un espace pour la tombe d’un proche disparu, mais en creusant la tombe pour enterrer son corps, on exhume un autre.

A Kasangiri, le nouveau cimetière ouvert récemment à Lubumbashi, des principes « de trop  son même établis ». On cite : Achat obligatoire des roses naturelles sur le champ, interdiction de pleurer à l’entrée comme à la sortie du cimetière, interdiction des fleures artificielles (pour raison de propreté, dit-on),… ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com