Pour certains, c'est de la poudre jetée aux yeux des citoyens. Pour d'autres, la roue à véritablement tournée contre apollinaire MALUMALU. Mais qui dit vrai? Découvrez ci-bas les probables raisons pour les lesquelles Apollinaire MALUMALU a été soumis à une audition judicaire à Kinshasa par le Procureur de la République en début de semaine, telles que présentées par JeuneAfrique.  Alors qu'il est réputé favorable au camp Kabila, MALUMALU s'est vu interpellé par la justice dont on dit qu'elle est aussi à tendances « Kabilistes ».

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Selon plusieurs sources concordantes, l'Abbé Apollinaire MALUMALU, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la RDC, a été convoqué lundi au bureau du procureur général de la République à Kinshasa. Pour quel motif ?

L'information est partie de Télé 50, une chaîne réputée proche du pouvoir congolais, mais qui pourtant n'y est pas allé de main morte. "Mise aux arrêts ce matin [11 août] à Kinshasa de l'Abbé Apollinaire MALUMALU, président de la CENI ", a-t-elle annoncé sur son site internet. Quelques minutes plus tard, la nouvelle s'est répandue sur les réseaux sociaux.

"Affaire privée" ou "violation de la Constitution" ?

Qu'en est-il réellement ? En fait, l'Abbé MALUMALU n'a pas été arrêté, comme annoncé sur Télé 50. "Il a été convoqué auprès d'un inspecteur du parquet général de la République où il a été brièvement entendu", selon une source proche du dossier. "Rien de très grave", souligne-t-elle. Après l'interrogatoire, le président de la CENI se serait d'ailleurs mis en route pour le Bas-Congo, à l'ouest de Kinshasa, pour une mission de sensibilisation.

Il s'agirait donc d'une "affaire privée", dit-on dans l'entourage du ministère congolais en charge de la Communication. Rien à voir avec la récente organisation de l'élection législative unique dans la circonscription de BEFALE, en Équateur, comme le laissaient déjà entendre certaines rumeurs. Il s'agirait d'une audition concernant la plainte de plusieurs partis d'opposition contre la CENI devant la Cour suprême de justice.

Délion KIMPULUMPU, un des conseillers de l'abbé MALUMALU, n'a pas souhaité commenté le fond de l'affaire. Il n'a ni confirmé ni infirmé la convocation du président de la CENI devant la justice. "Nous nous s'apprêtons à faire une mise au point sur la question", s'est-il contenté de répondre.

Mais à en croire certaines indiscrétions au sein du bureau même de la CENI à Kinshasa, un litige oppose l'institution électorale et les partis politiques d'opposition regroupés au sein de la plateforme "Sauvons la RDC". Ces derniers ont déposé une plainte devant la Cour suprême de justice contre la CENI, accusée de violation de la Constitution pour avoir proposé notamment le suffrage indirect aux prochaines élections provinciales. On le soupçonnerait également de délit d'initiés pour violation de la loi électorale, qui exige que les agents responsables de la CENI soient engagés après un appel d'offre. Après avoir entendu les membres de l'opposition, c'était au tour de la CENI d'être interrogée sur le dossier...

Au sortir de son audition, l'abbé MALUMALU a tenu à rassurer tout le monde. "Je n'ai pas été arrêté (...) Je suis venu éclaircir le procureur (...) sur ce dont il avait besoin et puis j'ai rencontré l'inspecteur général de la République", a-t-il expliqué, sans donner plus de détails sur le fond de l'affaire. "C'est une procédure normale, qu'il ne faut pas dramatiser, ni transformer. Il y a des gens qui attendent (...) que je sois arrêté : je voudrais leur dire qu'ils se trompent lourdement", a martelé le président de la CENI. © © Avec JeuneAfrique via fideleblog.canalblog.com