Elle est congolaise, elle habite la ville de Lubumbashi, elle a une passion: la couture. Mariée et mère de famille, Mme Jolie NGOY a vécu longtemps son art et son talent dans le silence, étouffée par les stéréotypes de son entourage. Revenue à elle-même, elle revalorise les richesses culturelles de son pays par ses produits. Et aujourd'hui elle se livre à votre découverte. 

Mme Jolie NGOY, une couturière talentueuse, Ville de Lubumbashi

Mme Jolie NGOY est employée dans une entreprise de la place. Alors qu'elle voulait faire des études en coupe et couture, elle s'est vue toute jeune détournée par les préjugés de son milieu sur ce métier qualifié autrefois de “sans avenir”. Pour autant, sa passion pour la couture demeurait vivante en elle. Plusieurs année après, pourtant elle avait trouvé une nouvelle voie, elle ressentit intérieurement renaitre sa passion d'autrefois. Elle lança alors son atelier en collaboration avec sa mère en 2011, qu'elle voulait voir s'autonomiser, mais aujourd’hui elle vole de ses propres ailes. 

"L'aiguille de Jolie" est le nom de son atelier. Elle y traite le pagne en particulier, qu'elle décline en plusieurs produits variés représentant la culture congolaise. Son atelier, installé au domicile familial, réalise des tabliers, des paillassons, des robes, des sacs, des bijoux, et d'autres produits dont les expatriés sont les plus grands consommateurs. Bien qu'elle soit aussi talentueuse, Mme Jolie NGOY n'a jamais fait d'études en la matière, c'est une autodidacte motivée par un feu intérieur. Malgré tout, ses produits sont exceptionnels. 

Unique par son orientation, Mme Jolie NGOY ne fait pas de la couture une source de revenu pour sa vie mais un espace d'accomplissement personnel. «Pour moi, la couture représente toute une vie. Je ressens cette passion depuis toute petite. Je donne le meilleur de moi-même pour vivre à fond cela et valoriser mon talent en donnant du sourire aux autres...», souligne-telle. 

La grande particularité de cet artiste passionnée c'est qu'elle fait «la couture non pour vivre mais pour faire vivre». En effet, les paysans de Kimiba, un village se trouvant à 50 kilomètres de Malemba-Nkulu, à l'intérieur du Katanga, sont les  plus grands bénéficiaires nationaux de son art. L'artiste finance une ferme de ce village par les revenus de son atelier. Elle achète des produits de première nécessité qui permettent aux paysans même, sans argent, d'échanger des services champêtre  contre ces produits. Cela évite aux paysans des courses sur des kilomètres pour les mêmes produits. 

Mme Jolie lance un message à ses congénères: «Il n'y a pas de sot métier. Tout le monde peut se distinguer dans son domaine, mais il faut croire en ses capacités, voir ses objectifs et savoir prendre le risque. Faisons confiance aux produits locaux, et donnons une chance à nos industries ».

Reconnaissant la concurrence si rude sur le marché, elle ne peut malgré tout s'interdire de louer le savoir-faire des couturiers congolais dont elle dit “admirer le savoir-faire”. Voilà le parcours d’une femme qui croit en elle. Pour la découvrir d’avantage, elle est joignable par ici:  laiguilledejolie.blogspot.com sinon, passez à l’école Belge de Lubumbashi. ©Fidèle BWIRHONDE  ©fideleblog.canalblog.com