Parler du sexe ou globalement de la sexualité en Afrique est carrément une question tabou pour plusieurs cultures. Alors prétendre tabler sur l'homosexualité sinon pour la sanctionner ne se programme pas. Un retard ou un avantage, en tout cas le débat sur l'homosexualité trouve ses obstacles dans les coutumes diversifiées, le christianisme et le mysticisme en Afrique.

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L'éducation sexuelle africaine, si elle existe, doit être la plus pauvre et la plus incomplète. Un enfant qui veut en savoir plus sur le sexe ou la sexualité trouve rarement et difficilement satisfaction auprès de ses parents et aînés. L'homosexualité, elle, ne s'évoquera pas du tout. Dernier recours pour tout savoir et savoir n'importe quoi, l'internet. Les familles et l’église ont échoué ou presque, en matière sexuelle, et l'internet ne fait pas mieux.

Éviter le débat, fuir les questions de l'heure,...ont fait passer certains africains pour des homophobes.  Le christianisme qui, à travers le monde, n'ouvre pas ses portes à l'homosexualité (pas sans bonnes raisons) et les croyances mystiques africaines ne facilitent pas les discussions non plus. Notons cependant que 38 pays africains condamnent l'homosexualité, sur un total de 80 pays dans le monde.

Sur plus d'une quinzaine de pays autorisant le libre choix de son orientation sexuelle, l'Afrique du Sud est le seul africain. Mais sur le continent les peines vont jusqu'à la mort dans certains pays, même si dans d'autres comme la RDC (même si le caucus des parlementaires de l’Ituri, Province Orientale, veulent obtenir une pénalisation de l’homosexualité en RDC), l'homosexualité n'est pas pénalisée, les textes étant muets. Dernier bruit sur le continent, l'Ouganda (qui a rendu obligatoire la dénonciation des homosexuels) où le président venait de pénaliser ce "déli". Si certains pensent à la liberté dans leurs choix, les autres soulignent l'aspect biblique, et d'autres encore voient en cette vie un envoutement diabolique. Mais qu'en dire concrètement, si on sait que certains veulent savoir?

Loin de l'homophobie, je pense qu'on est maître de sa propre vie, et on a donc le choix du chemin à suivre: Homosexualité ou hétérosexualité ou le Célibat qui exclut la sexualité, en ce sens. Cependant, certains homosexuels africains, d'ailleurs soumis à la clandestinité, le sont souvent pour n'avoir pas reçu de réponses à leurs doutes de l'enfance et de l'adolescence. Le milieu où l'on grandit et l'entourage y sont aussi pour beaucoup. L’Église non plus n'a ni plus ni moins abordé la question ni directement ni clairement, et quand elle ose, c'est toujours lapidaire et réservé. Et la coutume quant à elle, n'est pas moins muette, peut-être naïve : " les enfants n'ont pas le droit de tout savoir, à chaque chose son âge". Pas étonnant qu'il y ait autant de rabat-joies dans nos sociétés.

Pour ma part, parler de "mariage homosexuel" serait un déplacement de terme, une aberration. Le sens du mariage peut avoir évolué, mais là on se contenterait bien de simplement "union". Que deux sexes semblables s'unissent intimement, ça m'écœure et je m'y oppose, mais l'humanisme et les droits humains ne permettent ni à moi ni à personne de tuer les homosexuels, pas non plus d'ailleurs de les renvoyer en prison, s’il ne ne sont coupables d’aucun autre acte. S'il n'est pas question de choix, l'homosexualité serait liée à l'environnement et à l'éducation personnelle de base. Donc, c'est évitable, à mon avis... Par ailleurs, ceux qui pensent que la reproduction est la raison première de bannir l'homosexualité se trompent, il n'y a pas que les homosexuels qui n'ont pas d'enfants. On n'a qu'à voir les hétérosexuels stériles, disons impuissants, infertiles.

C'est vrai qu'à cause de leurs orientations sexuelles, nombreux sont frustrés dans le monde, mais en Afrique, la situation est spécifique pour des raisons diverses, le mysticisme en particulier et la position du continent sur le chemin du développement, au regard de ses traditions. Néanmoins tabler sur l'homosexualité est une nécessité aujourd'hui, la situation étant devenue réelle et à échelle croissante. On ne peut résoudre un problème qu'on évite. Mais l'Afrique doit aborder cette question différemment d'autres continents, son cas est spécifique et ses réalités sont uniques! ©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com