Depuis que le revenu moyen de mes concitoyens n’est plus significatif, s’acheter des aliments, des produits médicaux et/ou cosmétiques, des vêtements… peut désormais se faire partout dans la rue. On parle de "marché pirate", mais les effets en sont plus que pirates. Hélas, "mon peuple péri par manque de connaissance".  Exposés aux rayons solaires comme à la poussière, à la pluie comme à la boue, à diverses manipulations comme à diverses bestioles, ces produits sont pourtant les consommables quotidiens d’une large partie de ma communauté. Pour la santé, le prix n’est pas moins lourd. On survit quand même… Mais si seulement on n’était que ce qu’on mange !

Produits_du_march__de_la_rue_chez_nous_Pour des raisons diverses, des vendeurs, en majorité femmes et enfants, fuient le marché officiel et s’installent dans la rue.  Leurs cibles : les faibles revenus et les clients de la dernière minute ou les plus pressés, et les moins réfléchis.  On les retrouve aussi devant des écoles à l'entrée, à la recréation et à la  sortie, avec tous les risques pour les enfants. Jouissant de la léthargie du ministère de la santé, des amateurs vendent dans la rue des produits médicaux sans maîtrise requise, très souvent. Du poulet découpé ou du bœuf morcelé, des fruits et légumes sont aussi offerts. Pour vite s’en débarrasser, ces produits sont souvent proposés à moindre coup par rapport au prix des marchés officiels. Aucune mesure sanitaire ne s’applique, et pourtant aucun risque n’y échappe non plus.

Peu instruits, peut-être bien, mais naïfs à ce point, c’est trop et inexplicable. Avec les intempéries auxquelles sont exposées leurs marchandises, les risques s’additionnent pour la santé des consommateurs. Mais voilà que malgré tout, quelqu’un peut venir s’acheter une lotion exposée directement au soleil depuis plusieurs jours, ou des beignets, viandes, patates et autres, cuits à l’avance et mis en circulation depuis des heurs sous toutes les intempéries possibles. C’est le "fast food" de beaucoup d’entre nous. On consomme, on survie, on pense qu’on vit…

Parmi les raisons de cette vente à la sauvette, on évoquera la péremption des produits. En effet, quand les dates d’expiration des certains produits approchent ou s’atteignent, certains véritables inciviques et inconscients préfèrent les mettre au rabais. Certains produits seront désemballés (poissons, viande, poulet, savons…), si possible découpés (poulet…) avant d’être remis sur le marché dans la rue, très souvent. Premières victimes : les analphabètes, non avertis, les irréfléchis, les plus pauvres et tous ceux qui en veulent toujours trop pour ou contre peu. On citera une autre raison, les taxes et impôts. Des vendeurs fuient le marché officiel parfois pour échapper aux frais de l’Etat. Surtout qu’ils savent que personne ne les y ramènera, bien que la police tente quand même, mais sans effet, faute de méthodes et procédures.

Le prix à payer n’est pas toujours immédiat. Les produits se faisant largement consommés, le lendemain on décrie de supposés maux d’estomac, de la fièvre typhoïde, le choléra, les vers intestinaux, et pire encore. Vivre mort, en tout c’est possible, je le sais maintenant. Mais s’il y en a qui vivent véritablement de la grâce de Dieu, je n’en doute pas, c’est des peuples comme le mien. ©fideleblog.canalblog.com