- A l'occasion de la journée mondiale de la communication 2013! -

La communication est un concept très utilisé à nos jours dans quasiment tous les domaines, autant que l’informatique. Pourtant, il ne s’agit plus d’un concept nouveau, mais simplement complexe et omniprésent. En plus, on affirme que c’est actuellement que son sens commence à attirer diverses recherches plus qu’auparavant. Cet intérêt nous a poussé à consulter les pensées de quelques auteurs dont nous vous faisons rapport ci bas…

Fid_le_Bwrhonde_en_pleine_communication___distanceIl s’agit d’un « phénomène complexe susceptible d’éclairages multiples (…), elle comporte des aspects antagonistes et contradictoires ».[1] En communiquant, nous nous modifions  réciproquement grâce à un processus d’influence auquel nous ne  pouvons pas nous soustraire, pense avec raison Aldo FALCONI. « La communication est comme une matrice dans laquelle sont enchâssées toutes activités humaines », se convainc Gregory BATESON. Avant d’être un échange  et un partage des messages et des significations, « la communication est d’abord un processus de créations des réalités et de relations qui provoque, à partir de nouvelles données, la transformation en quelque chose d’autre des idées et des connaissances dont chaque être humain dispose ».[2] D’ici, on peut percevoir combien on ne peut simplement pas appréhender le sens de la communication sans longtemps chercher.

Dans sa vision, Aldo FALCONI  parle autrement. Dans tous les cas, dit-il, « la communication doit être considérée comme exigence vitale pour tous les individus, pour les groupes et pour la société. Elle est vitale parce que si elle vient à manquer, s’éteint l’homme et son histoire ».[3] Pour cet auteur, nous devenons plus humains dans la mesure où s’accroit notre capacité de communiquer, car ajoute-t-il, « vivre pour l’homme signifie communiquer ». Vous comprendrez, comme nous l’affirmons très souvent dans nos réflexions, que la communication c’est la vie et on ne pourrait nullement s’en passer. Tout comportement de l’homme est en effet communication, d’où le  célèbre postulat de Paul WATZLAWICK, "Tout communique", bien que par moment des penseurs s’y opposent avec motivation.

D’autres auteurs vont jusqu’à dire que la communication n’est possible que chez quelques personnes qui en ont naturellement acquis le don à leur création. Tout le monde ne peut donc pas communiquer, si on s’en tient à ceci. D’ailleurs,  la communication serait parfois impossible voire inutile, contrairement à l’idée que la communication est une nécessité vitale.

Pour Roger MEHL, par exemple,  « c’est (…) la révélation gracieuse de Dieu en Jésus-Christ, qui détient le choix du témoin seul habilité à communiquer(…) ».[4] Cependant, il revient au sens populaire disant que « la communication est un aveu de soi à l’autre. Et c’est la vérité de cet aveu qui mesure ma liberté et la liberté de l’autre dans la mesure où il reçoit cet aveu ».[5] Paraphrasant la pensée de GUSDORF (1953), MEHL montre que le mystère de la communication réside dans son essence, la rencontre. Il montre qu’elle n’est pas toujours pacifique, soutenant que toute vraie communication est menaçante.

Néanmoins, il réaffirme que la communication n’atteint sa plénitude d’authenticité que lorsque les questions posées, les doutes exprimées reçoivent une véritable réponse, que la réponse concerne  effectivement la question posée, lorsque les interlocuteurs ont pu avoir le sentiment d’un véritable échange, lorsque les monologues personnels se sont noués dans un dialogue commun. (Voir MEHL, 1967, p.9).

Lucien SFEZ quant à lui, voit mourir la communication. Il reconnait son existence et imagine sa fin. Pour lui, « communiquer signifie mettre ou avoir quelque chose en commun, sans préjuger de ce quelque chose, ni des voies qui servent à la transmission, non plus que des termes qui s’activent au partage (individu, groupe, objet) ».[6] Il reconnait cependant  que  chaque domaine de connaissance a sa définition de la communication, selon son champ d’exploitation. Mais il insiste sur l’idée que la communication devrait être parlée ou langagière. Comme pour rencontrer MEHL et d’autres penseurs, il écrit : « il y a communication, c’est-à-dire partage d’un état intentionnel qui prime sur le contenu  affectif du message ».[7] Dans sa vision de la communication, MEHL évoque plusieurs formes et sortes de communication. Elle peut être émotive quand elle est provoquée par des manifestations publiques; fusionnelle quand elle résulte de l’amour; elle peut avoir lieu avec l’absolu quand c’est avec Dieu qu’on communique quelque principe éternel. [8]

Voilà en quelques considérations ce que la communication représente aux yeux de différents auteurs et chercheurs que nous avons lus.

Nous pouvons retenir que la communication est un processus d’échange, d’influence et intentionnelle, visant à découvrir l’autre, à s’ouvrir à lui et à modifier ses comportements, pas nécessairement de manière pacifique. La communication  est souvent dans l’intérêt de celui qui la lance et dans tous les cas c’est une confrontation des positions individuelles ou groupales. Par ailleurs, même vue avec Dieu, la communication n’est pas un cadeau, car même intrapersonnelle, elle ne se résout pas simplement car l’homme est lui-même un mystère qui ne se comprend pas. Et au bout de tout, elle peut être directe ou indirecte selon qu’il y a ou qu’il n’y a pas d’intermédiaire ou selon qu’elle nécessite parfois la tautologie pour sa compréhension.

Mais à quelle précision les symboles transmis véhiculent-ils la signification désirée? C’est la réponse à cette question qui mesure la réussite de la communication.


[1] MEUNIER, J.P. et PERAYA, D., Introduction aux théories de la communication, 3ème éd., Bruxelles, De Boeck, 2010, p.32

[2] WILLET, G. cité par LOHISSE, J., La communication, 1ère éd., Bruxelles, De Boeck, 2001, p.111

[3] FALCONI, A., Histoire de la communication 1,  Kinshasa, Mediaspaul, 2005, p.8

[4] MEHL, R., La rencontre d’autrui, Neuchâtel (Suisse), Délachaux et Niestlé, 1967, p.53

[5] Ibidem, p.16

[6] SFEZ, L., Critique de la communication, Paris, Le Seuil, 1988, p.38

[7] Ibidem, p.40                                                                     

[8] Voir Ibidem, p.37   ©fideleblog.canalblog.com