Quand on parle des pouvoirs à travers le monde, tout le monde pense à la politique, du moins en démocratie (exécutif, législatif et judiciaire). Mais il n’est pas loin d’en dire autant des médias, même si un débat contradictoire s’en est toujours suivi. Des scientifiques  l’attestent, les médias sont un pouvoir  indéniable, mais entre eux se développent des idées réfutant cette affirmation. Et pour des apprenants en journalisme, mus par la passion et la vocation, comme moi, l’incertitude ne tarde de les dépositionner par moment. Mais alors, c’est quoi la réalité ?

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Ma réflexion part d’un croisement fait d’idées  reçues de quelques auteurs et penseurs sur les médias. Une opposition certaine sur le pouvoir des médias écartent divers auteurs et cela se répercutent parfois jusque dans la prise de position des étudiants, par exemple. En voici certaines…

Albert HESTER et Wan LAN TO J. reconnaissent  le pouvoir des medias et pensent  en même temps que la politique en a peur au point de mener une guerre contre son exercice épanoui. Pour eux, « les dirigeants  politiques ou d’autres personnalités (…) cherchent à exploiter le pouvoir de la presse à des fins de propagande personnelle ». [1]

De son coté, madame Marie-Soleil FRÈRE y croit. Elle est convaincue de l’existence du pouvoir des médias qui, suivant ses écrits, est d’ailleurs menacé. «  Les médias sont pourtant un des plus fidèles miroirs, un des puissants révélateurs de l’organisation des sociétés dans lesquelles ils évoluent. »[2], écrit-elle.  On n’ignorera pas le sous-entendu du postulat du modèle de la Seringue hypodermique du célèbre Paul WATZLAWICK qui pour le moins, consacre le pouvoir ou autrement la puissance des médias. Sur la même lancée, Michel BOULET, renforce cette considération optimiste « Les médias, en particulier ceux de l’information, révèlent à des groupes humains leur propre image, leurs convictions et leur font prendre conscience de l’étendue de leur influence. En ce sens, aujourd’hui aucune autorité de quelque groupe social que ce soit –y compris l’Eglise- ne peut nier la part de pouvoir que représente l’information dans le règlement des problèmes délicats, (…) »[3] Pourtant l’idée est remise en question par d’autres penseurs, à l’exemple de…

Gilbert BOSS qui pense que les médias ne sont en rien un pouvoir pourtant il les reconnait comme une puissance, autant que l’admet Marie-Soleil FRÈRE. On peut lire dans ses écrits : « (…) quelle que soit leur puissance, on peut soutenir (…) qu’ils ne sont pas un pouvoir du tout (…). »[4].  A lui se joint d’autres pensées telles que celles de Michel BOULET qui viennent semer le doute sur sa vraie position personnelle, au regard de ce qui précède tiré de ses écrits. Il note néanmoins: « Il semble que ce pouvoir direct ne soit plus la réalité actuelle », faisant allusion au temps de STALINE et HITLER pendant lequel le pouvoir des médias, qu’il reconnait, était vu comme « manipulateur de l’opinion publique » et capable de « façonner les cerveaux »[5]. Dès lors, le débat sur la question et les désaccords qui s’en suivent confronte des points de vue variés sur la puissance ou le pouvoir des médias.

De mon propre point de vue, sans complaisance, les médias sont véritablement une puissance et en même temps un pouvoir. Cependant, je pense que c’est l’étendue du champ de liberté et de la démocratie  qui confère aux médias leur force et de l’impact à leur pouvoir, autant que les pouvoir traditionnels trouvent leur force dans le silence de la dictature. Il me semble aussi évident que les médias ne sont ainsi tournés en victimes que par les acteurs des pouvoirs traditionnels qui ne le voient que comme une menace à leurs bévues. Et une fois rattrapés par les pouvoirs politiques, les médias, malgré leur pouvoir, constituent un danger social, un risque certain de perdition de la communauté.

Par ailleurs, quoi qu’on en dise, le pouvoir des médias qui est une évidence, pas sans explications, et une probabilité peu soutenable pour certains penseurs et observateurs, constituera encore pour longtemps des raisons de confrontations d’idées. Faudrait-il rappeler à MACHIAVEL qu’il aurait dû penser,  dans sa classification, au pouvoir des médias !  Le temps est révolu, mais aucun débat scientifique n’est sans importance pour le progrès de la connaissance, surtout dans le monde des médias en perpétuels enrichissements  technique, matériel et théorique.

ANNEXE

Gilbert BOSS explique,  pour soutenir sont point de vue que j’ai jugé imprécis sur le pouvoir et la puissance des médias qu’il évoque, sans véritablement lever l’imbroglio, disant:

« De la puissance j’entendrais  en général la capacité de produire des effets de telle manière qu’on considèrera  la puissance comme d’autant plus grande qu’elle permet de produire des effets plus nombreux ou plus importants.

Quant au pouvoir, je le comprends comme signifiant également une puissance intentionnelle. »[6]  

BIBLIOGRAPHIE

HESTER, A. et WAI LAN TO, J., Journalisme et tiers monde, Bruxelles, De Boeck, 1989

BENEGAS, R. (dir.), Politique Africaine, Paris, Karthala, 2005

LEJEUNE, C., (dir.), Réseaux N°97-98-99, Bruxelles, 2003

BOULET, M., Le choc des médias, Paris, Desclé, 1985

 


[1] HESTER, A. et WAI LAN TO, J., Journalisme et tiers monde, Bruxelles, De Boeck Université, 1989, p. 23.

[2] FRÈRE, M.-S., Médias en mutation, in BENEGAS, R. (dir.), Politique Africaine, Paris, Karthala, 2005, p. 05-17.

[3] BOULET, M., Le choc des médias, Paris, Desclé, 1985, p.218

[4] BOSS, G., Les médias du pouvoir, in  LEJEUNE, C., (dir.), Réseaux N°97-98-99, Bruxelles, 2003, p.15-35.

[5] BOULET, M., Op. Cit., p.189

[6] BOSS, G., Op. Cit., p.15      ©fideleblog.canalblog.com